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Les zones ou plaines inondables sont les étendues de terre susceptibles d’être inondées en période de crue (hautes eaux). Véritables « inventions » de la nature, elles permettent de régulariser les débits des cours d’eau et d’absorber les débits excessifs.
Bien que souvent perçues comme des nuisances ou zones à risque, les zones inondables remplissent d’importantes fonctions écologiques. Ce sont des haltes privilégiées pour les oiseaux migrateurs et offrent refuge à une importante biodiversité. En période de crue, elles permettent le déplacement de certains poissons, tels que le brochet, vers de nouveaux sites d’alimentation et de reproduction.
La dégradation des plaines inondables par les remblais de terrain ou toute autre forme d’empiétement provoque le plus souvent le déplacement des inondations à des endroits inattendus, avec parfois des conséquences désastreuses pour les riverains.
Cinq zones inondables ont été officiellement cartographiées à l’intérieur du bassin versant de la Diable. Quatre sont situées sur le parcours de la Diable et l’autre sur celui de la rivière Le Boulé. La zone inondable la plus étendue borde la Diable au sud de la route 117, en zone agricole.
Sauf pour certains cas particuliers, aucun bâtiment, construction ou ouvrage n'est autorisé à l'intérieur d'une zone d'inondation à risque élevé (récurrence de 100 ans) ou modéré (récurrence de 20 ans).
La dernière crue exceptionnelle sur le territoire a eu lieu en avril 2002. Elle aurait été de l’ordre d’une occurrence aux 350 ans. Plusieurs maisons, fosses septiques et contenants d’huile de chauffage ont été affectés, entraînant une contamination de la rivière du Diable en amont de la prise d’eau potable de Saint-Jovite. L’interdiction de construire en zone inondable tente d’éviter ce genre de conséquence environnementale.
Souvent perçues comme nuisibles, les inondations font partie du cycle hydrologique des cours d’eau et alimentent des écosystèmes présentant une riche biodiversité, adaptés à leur caractère périodique. Cinq zones inondables ont été répertoriées et documentées dans le bassin de la rivière du Diable. L’importance de protéger ces écosystèmes fragiles ainsi que les établissements humains est maintenant largement reconnue et le plus souvent respectée. Cette section du portrait permettra de définir les composantes et les fonctions des plaines inondables, de présenter l’état des connaissances sur leur localisation et, enfin, de résumer les mesures de suivi et de protection actuellement en vigueur.
Selon la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables du Québec, une zone ou plaine inondable est l’étendue de terre susceptible d’être inondée par un lac ou un cours d'eau en période de crue.
Une crue est une augmentation importante et plus ou moins aléatoire du débit d’un cours d’eau et, par conséquent, de son niveau d’eau. Lorsqu’une crue excède la capacité normale d’écoulement d’un cours d’eau, il en résulte des débordements dommageables causés par l’extension et la durée des inondations ou par la violence des courants (Cosandey, 2003). Une crue résulte soit de fortes précipitations, d’embâcles de glaces ou de la fonte subite du couvert de neige lors du dégel printanier. Au Québec, les périodes de crues s’observent principalement au printemps (avril-mai) et, dans une moindre mesure, en automne (octobre-novembre).
Rôles hydrologiques
Les plaines inondables sont en quelque sorte une « invention » de la nature permettant de régulariser les débits des cours d’eau et d’absorber les débits excessifs en période de surabondance d’eau. Il a été démontré à maintes reprises que la dégradation des plaines inondables (par les remblais de terrain, l’érection de digues, etc.) provoque le plus souvent le déplacement des inondations à des endroits inattendus, ayant parfois des conséquences désastreuses pour les riverains (MEFQ, 1998). Par ailleurs, selon la durée des inondations, les plaines inondables peuvent contribuer à la recharge des nappes souterraines.
Rôles écologiques
Les zones inondables sont des milieux essentiels à la reproduction et à la survie de plusieurs espèces de poissons. Elles permettent, entre autres, le déplacement en période de crue d’espèces telles que le brochet vers des milieux aquatiques plus calmes et de nouvelles aires d’alimentation. Elles sont souvent riches en milieux humides (marais, marécages et étangs) abritant une importante biodiversité. Inondées au printemps et à l’automne, les zones inondables offrent par ailleurs des haltes privilégiées pour les oiseaux migrateurs. Mentionnons également que les inondations, dont les eaux sont chargées en nutriments et en sédiments, contribuent à l’enrichissement des sols inondés, souvent situés en zone agricole. En somme, les inondations périodiques sont essentielles au maintien d’écosystèmes riches et caractéristiques des plaines inondables (Gordon et al., 2004).
Dans le cadre du Programme de détermination des cotes de crues du MDDEP, une cartographie détaillée (échelle de 1 : 2 000) des zones inondables mentionnées ci-dessus (à l’exception de la plaine alluviale de la rivière du Diable au sud de la 117), a été produite par le Centre d’expertise hydrique du Québec à partir de relevés de terrain effectués entre 2001 et 2003. Ces études serviront à mettre à jour et à préciser les cotes d’élévation et la cartographie des zones inondables contenues dans le schéma d’aménagement de la MRC des Laurentides. Les gestionnaires du territoire disposeront alors de données satisfaisantes pour assurer autant la protection de ces écosystèmes fragiles qu’une meilleure planification du développement immobilier (Roy, 2006).
Historique des crues et des inondations
La dernière crue exceptionnelle répertoriée pour la rivière du Diable a eu lieu entre les 17 et 21 avril 2002. Une fonte des neiges rapide, provoquée par des températures élevées accompagnées de précipitations, a entraîné cette crue qui serait de l’ordre d’une occurrence aux 350 ans (Environnement Canada, 2002). Plusieurs fosses septiques et contenants d’huile de chauffage ont été inondés, entraînant une contamination de la rivière en amont de la prise d’eau potable du secteur Saint-Jovite (Léonard, 2006). L’interdiction de construire en zone inondable tente justement d’éviter ce genre de conséquence environnementale. Aucune compilation des dommages matériels occasionnés par cet évènement n’est disponible. Toutefois, le contenu de plusieurs sous-sols de maisons affectées dans le secteur Saint-Jovite a été vidé dans des conteneurs de déchets spécialement dépêchés par la ville (Léonard, 2006). Les secteurs résidentiels étant généralement les plus affectés par les crues de la rivière du Diable sont les rues Fortin, Edmond et Vanier, sur le territoire de la Ville de Mont-Tremblant.
Faute d’outils de mesure des débits, aucun suivi des crues de la rivière du Diable ou de ses tributaires n’est à ce jour effectué et aucun registre des inondations n’est maintenu.
Risque d’embâcle
Le risque d’embâcle pour les rivières du Diable, Cachée et Le Boulé est faible. Cela s’explique en partie du fait que pour ces rivières, coulant du nord vers le sud, le dégel des tronçons en amont se fait plus tardivement que celui des tronçons en aval, ce qui permet aux glaces de s’écouler généralement sans embâcle. Lorsqu’il y a embâcle de glace sur la rivière du Diable, celui-ci se forme généralement à la hauteur du vieux pont de fer sur le territoire de la Ville de Mont-Tremblant. En 2002, en collaboration avec les ministères de l’Environnement et de la Sécurité publique, la MRC des Laurentides s’est engagée à identifier les zones d'inondation par embâcle sur la rivière du Diable. Ces travaux n’ont toutefois pu être réalisés, aucun embâcle n’ayant été rapporté depuis sur cette rivière (Chabot, 2006).
En vertu de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, les MRC sont responsables de déterminer les zones à risque d’inondation sur leur territoire et de les réglementer. Les municipalités de Mont-Tremblant, Brébeuf et Lac Supérieur, visées par cette contrainte, doivent identifier les zones d'inondation délimitées par la MRC des Laurentides dans leur propre plan et réglementation d'urbanisme. Elles doivent également préciser, lorsque l'information est disponible, la cote d'élévation en mètres pour les zones d'inondation à risque élevé.
Par ailleurs, la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, adoptée en 1987 et modifiée en 2005, stipule que toutes constructions, tous ouvrages et tous travaux prévus en zones inondables et susceptibles de modifier le régime hydrique ou de nuire à la libre circulation des eaux en période de crue (…) doivent faire l’objet d’une autorisation préalable (Gazette officielle du Québec, 2005).
Enfin, le schéma d’aménagement révisé de la MRC des Laurentides indique que seules des constructions immunisées sont permises dans les zones d'inondation à risque modéré. Sauf pour certains cas particuliers, aucun bâtiment, aucune construction et aucun ouvrage n'est autorisé à l'intérieur d'une zone d'inondation à risque élevé (MRC des Laurentides, 2000). Les bâtiments construits avant la réglementation actuelle jouissent cependant de droits acquis (Roy, 2006)
CHABOT, Martin. 2006. Communication personnelle. Cartographe, MRC des Laurentides.
COSANDEY, Claude et al. 2003. Les eaux courantes: Géographie et environnement. Édition Belin, Paris, 239 p.
ENVIRONNEMENT CANADA. 2002.
GAZETTE OFFICIELLE DU QUÉBEC. 2005.
GORDON et al. 2004.
LÉONARD, Serge. 2006. Communication personnelle. Service de l’environnement, ville de Mont-Tremblant.
MEFQ (ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec). 1998.
MRC des Laurentides. 2000. Schéma d’aménagement révisé. 356 p.
ROY, Ginette. 2006. Communication personnelle. Coordonnatrice de la construction, inspection et services aux citoyens, ville de Mont-Tremblant.
TENNIER, Hugues. 2007. Communication personnelle. Parc national du Mont-Tremblant.