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Canyon de la Diable
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2.1.1 Le rÉseau hydrographique


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LES FAITS SAILLANTS

dot Le réseau hydrographique fait référence aux caractéristiques géographiques et physiques des lacs et des cours d’eau d’un territoire donné. Le réseau hydrographique de la rivière du Diable est très développé, constituant 7% de sa superficie ;

dot La répartition du réseau hydrographique sur le territoire est fortement inégale : 20% de la tête du bassin versant est composé de l’élément aquatique contre 1% dans le massif du Mont-Tremblant ;

dot Près de 3000 km de cours d’eau drainent le bassin versant de la Diable, dont plus de la moitié sont des ruisseaux intermittents. La rivière du Diable avec ses 116 km est le plus long cours d’eau qui sillonne le territoire ;

dot D’une superficie de 1185 km2, le bassin versant de la rivière du Diable est divisé en plusieurs sous-bassins dont les deux principaux sont le bassin de la rivière Cachée (236 km2) et le bassin des rivières Le Boulé et Archambault (219 km2) ;

dot Au total, 354 étendues d’eau sont rattachées au réseau hydrographique de la rivière du Diable (marais, étangs, petits et grands lacs). Le lac le plus remarquable du bassin versant est sans conteste le lac Tremblant, avec une superficie de 9,7 km2 et une profondeur maximale de 91 mètres. 

 

2.1.1 Le réseau hydrographique

Le réseau hydrographique fait référence aux caractéristiques géographiques et physiques des lacs et cours d’eau d’un territoire donné. Le bassin versant de la rivière du Diable présente un réseau hydrographique fort développé, occupant plus de 7 % de sa superficie (MDDEP, 2005). Sa configuration étant fortement influencée par la géologie et la topographie du territoire, celui-ci s’en trouve inégalement réparti à l’intérieur du bassin versant : alors que la tête du bassin de la rivière du Diable, au relief relativement plat, est couverte à 20 % par l’élément aquatique, le massif du Mont-Tremblant ne l’est qu’à 1 % (Béchard et al., 1983). Le texte qui suit présente d’abord le parcours de la rivière du Diable et de ses principaux tributaires, suivi d’une brève description des principaux sous-bassins subdivisant le bassin versant de la rivière du Diable. Enfin, la présentation des grands traits hydrographiques des lacs du bassin versant termine la section.

Les cours d’eau

Selon la base de données topographiques du Québec (BDTQ), près de 3 000 km de cours d’eau drainent le bassin versant de la rivière du Diable, dont plus de la moitié sont des ruisseaux intermittents (1) (MDDEP, 2006). La grande majorité des cours d’eau permanents sont de petite taille et de faible débit. La rivière du Diable, le plus long cours d’eau, parcourt 116 km, tandis que ses principaux affluents (les rivières Cachée, Le Boulée, Archambault et Bride) s’étirent sur des parcours de 20 à 30 km. À ces rivières s’ajoutent 13 ruisseaux portant des toponymes, dont les principaux sont les ruisseaux Noir et Clair. La liste complète des cours d’eau nommés du bassin versant peut être consultée à l’annexe 2.1.1. En général, très peu de modifications ont été apportées aux cours d’eau du bassin versant et les tracés naturels ont été conservés. Cette situation diffère cependant dans les secteurs urbains et agricoles, comme c’est notamment le cas du sous-bassin du lac Maskinongé où plusieurs ruisseaux ont été transformés en fossés agricoles, y entraînant des problèmes de sédimentation (Del Degan, Massé et ass., 2003).

Le parcours de la rivière du Diable

Le parcours de la rivière du Diable est fortement influencé par la physiographie de son bassin versant, répartie en trois grandes zones : région des grands lacs au nord (zone 1),  massifs élevés au centre (zone 2) et plaine alluviale, en aval (zone 3); ces zones sont décrites à la section 1.3 Le milieu physique. Le graphique 2.1.1.1 représente le profil longitudinal de la rivière du Diable et situe les trois zones physiographiques de son bassin versant.
À la tête du bassin versant, la région des grands lacs se caractérise par la présence de nombreux lacs peu profonds et de grande superficie. Les lacs du Diable, en Croix et des Mocassins constituent la source de la rivière du Diable, alimentée ensuite par les grands lacs Rossi, des Sables et de la Savane. Avec une pente très faible et régulière, la rivière s’écoule en méandres à travers des sédiments épais et de nombreux milieux humides. Elle s’élargit pour former les lacs Montcourt et Escalier.

Au centre du bassin versant, la région des massifs élevés est caractérisée par des collines d’altitude élevée entrecoupées de vallées étroites et encaissées, dont celles des rivières du Diable, Cachée et Le Boulé. Du lac Laplante jusqu’à la confluence avec la rivière Le Boulé, la rivière du Diable prend une direction nord-sud, encaissée entre les massifs du Mont-Tremblant et de la Vache Noire. Elle s’engage dans un premier canyon parsemé de chutes, de cascades et de rapides dont la chute du Diable (d’une hauteur de 15 m) et les chutes Croches (série de cascades). Elle se prélasse ensuite en méandres au creux d’une vallée encaissée, à fond sablonneux, où elle s’élargit plusieurs fois pour former les lacs Monroe (petit et grand) et Chat. Peu après sa sortie du Parc national du Mont-Tremblant, elle traverse un deuxième canyon où elle dévale une chute d’au moins cinq mètres.
Effectuant un virage à 90 degrés juste avant sa confluence avec la rivière Le Boulé, la Diable dévale ensuite vers l’ouest en rapides continus sur une vingtaine de kilomètres, encaissée entre les massifs du Mont-Tremblant et du Domaine Saint-Bernard. À la confluence avec la rivière Cachée, elle effectue un deuxième virage à 90 degrés vers le sud. Les décharges des lacs Mercier, Desmarais et Ouimet viennent l’alimenter peu après, suivies plus en aval par l’arrivée des ruisseaux Noir et Clair.

À quelques kilomètres en amont du centre-ville de Mont-Tremblant, la rivière du Diable fait son entrée dans sa plaine alluviale. La faible pente et la vitesse réduite du courant lui permettront de se prélasser en méandres au travers d’une large vallée glaciaire et ce, jusqu’à la fin de son trajet. Dans cette vallée, le tracé de la rivière s’est déplacé graduellement au cours des siècles : les flux érodent les berges concaves des méandres et déposent les sédiments sur les berges internes des méandres en aval. Ainsi, les trains de méandres migrent latéralement vers le sud. En période de crue, des recoupements de boucles se produisent régulièrement et sont à l’origine des nombreux délaissés de méandres, ou « fers à cheval », observables en bordure de la rivière. Ennoyés par la nappe phréatique, ces délaissés de méandres constituent d’importants milieux humides à différents stades de végétalisation. La rivière du Diable se déverse enfin dans la rivière Rouge, à  quelques kilomètres en aval du pont Prud’Homme, à la limite sud de Mont-Tremblant.

Graphique 2.1.1.1 : Le profil longitudinal de la rivière du Diable.

Graphique 2.1.2.1

Source : MDDEP, 2006. Réalisation : Sandrine Desaulniers, AGIR pour la Diable, 2006

Les parcours des rivières Cachée, Le Boulé et Archambault

À l’ouest du massif du Mont-Tremblant, la rivière Cachée prend sa source au très petit lac Harry dans le parc du Mont-Tremblant. De faible pente, elle se prélasse en méandres, dans une vallée encaissée et étroite, riche en milieux humides. Coulant en direction sud, elle s’élargit à plusieurs occasions pour former des lacs, dont les lacs Caché et Tremblant. La petite rivière Cachée ainsi que plusieurs ruisseaux drainant le versant est du massif du Mont-Tremblant l’alimentent tout au long de son parcours. À l’exutoire du lac Tremblant, la rivière Cachée dévale une chute d’au moins 10 mètres pour finalement rejoindre la rivière du Diable après un parcours total d’une trentaine de kilomètres.

À l’est, le territoire de Val-des-Lacs est drainé par les rivières Archambault et Bride, tandis que la municipalité de Lac-Supérieur est traversée par la rivière Le Boulé. D’une vingtaine de kilomètres, la rivière Archambault prend sa source dans le lac aux Quenouilles avant d’être alimentée par la rivière Bride, cette dernière remontant jusqu’aux lacs de l’Orignal (petit et grand). De pente modérée et constante, la rivière Archambault termine son parcours dans la chute du même nom, d’au moins cinq mètres, juste avant sa confluence avec la rivière Le Boulé. Pour sa part, la rivière Le Boulé, d’une trentaine de kilomètres, prend sa source dans le lac Allen, dans le Parc national du Mont-Tremblant. De pente moyenne, cette petite rivière étroite dévale vers le sud dans une série de cascades, bordée à l’ouest par le massif de la Vache Noire. À sa confluence avec la rivière Archambault, elle bifurque vers l’ouest et serpente dans une plaine d’inondation avant de s’encaisser sur ses derniers cinq kilomètres et rejoindre la rivière du Diable.

Les sous-bassins

D’une superficie de 1 185 km2, le bassin versant de la rivière du Diable est divisé en plusieurs sous-bassins, dont les deux principaux sont le bassin de la rivière Cachée (236 km2) et le bassin des rivières Le Boulé et Archambault (219 km2). Le tableau 2.1.1.1 présente la superficie des principaux sous-bassins du territoire.

Tableau 2.1.1.1: Les 11 principaux sous-bassins du bassin versant de la rivière du Diable.

Principaux sous-bassins
présentés dans le portrait
Superficie totale (km2) % du bassin total
Bassin de la rivière du Diable 1185 100
Bassin de la rivière Archambault 88 7
Bassin de la rivière Le Boulé 131 11
Bassin de la rivière Cachée 236 20
Bassin du ruisseau Noir 61 5
Bassin du ruisseau Clair 33 3
Bassin du lac Mercier 12 1
Bassin des lacs Desmarais et Gélinas 10 1
Bassin du lac Ouimet 22 2
Bassin du lac Maskinongé 9 1
Bassin du lac Duhamel 7 1

Source: MRC des Laurentides et  MDDEP, 2006

Les plans d’eau

Au total, 354 étendues d’eau sont rattachées au réseau hydrographique de la rivière du Diable (marais, étangs, petits et grands lacs), dont 237 portent des toponymes. L’annexe 2.1.1 présente la liste complète des plans d’eau nommés. Certains lacs sont en fait l’élargissement de la rivière du Diable (lacs Escalier, petit et grand Monroe, Chat) ou de la rivière Cachée (lacs Caché et Tremblant). D’autres, petits et peu profonds, se sont transformés en marais et tourbières ou s’acheminent vers ce stade. On compte par ailleurs plusieurs lacs de montagne de petite superficie mais très profonds, aux eaux froides et oxygénées, tels que les lacs de la Grosse (superficie 1,3 ha et 9 m de profondeur maximale) et Poisson (superficie de 43 ha et profondeur maximum de 32 m). Près de 70 % des lacs du bassin versant sont situés à l’intérieur du Parc national du Mont-Tremblant (Béchard et al., 1983) et la majorité (les deux tiers) sont des lacs de tête, c’est-à-dire qu’ils sont situés à la tête de leur propre bassin versant (MDDEP, 2006).

Le lac Tremblant, avec une superficie de 9,7 km2 et une profondeur maximale de 91 mètres, est l’un des éléments les plus remarquables du territoire. En effet, les autres grands lacs du bassin versant (des Mocassins, en Croix, de la Savane, Caché, aux Quenouilles, etc.) ne dépassent à peine que le tiers de son étendue et de sa profondeur. Les différents tableaux présentés à l’annexe 2.1.1.1 permettent de comparer les dimensions des principaux lacs et de leur bassin versant respectifs.

Soulignons enfin que la MRC des Laurentides, en partenariat avec le MDDEP, procède actuellement à un important travail de caractérisation écologique de plus de la moitié des lacs du bassin versant de la rivière du Diable, dont tous ceux de la zone habitée. Basée sur les caractéristiques morphologiques, géographiques, hydrologiques et pédologiques des lacs et de leur bassin versant, cette étude permettra, d’une part, de déterminer la sensibilité naturelle des lacs aux apports en phosphore. D’autre part, en considérant le niveau de développement actuel du milieu riverain des lacs, l’étude tentera de déterminer la capacité de support de ceux-ci (Blais, 2006 ; Dufour, 2007).

Tableau 2.1.1.3  Caractéristiques morphologiques et hydrologiques des principaux
lacs «hors parc» du bassin versant de la rivière du Diable.

Nom du lac Superficie du bassin versant (km2) Superficie du lac (km2) Profondeur maximale (m) Profondeur moyenne (m) Volume (milliers de m3) Temps de renouvelle-ment du lac (année)
Lac aux Quenouilles 15,7 2,6 20 n.d. n.d. n.d
Lac Caché 94,8 3,0 24 n.d. n.d. n.d.
Lac Carré 1,9 0,1 8,5 n.d. n.d. n.d.
Lac de l'Orignal 10,1 0,9 25 n.d. n.d. n.d.
Lac Desmarais 4,1 0,8 33 15 12 700 5,9
Lac Dufour 2,2 0,2 19,5 6,1 1 090 0,48
Lac Duhamel 2,8 0,5 29 11,6 6 170 2,12
Lac Durocher 4,3 0,2 14,1 n.d. n.d. n.d.
Lac Forget 1,2 0,3 25 8,3 2 332 1,86
Lac Fortier 1,3 0,3 34 17 4 930 3,63
Lac Gagnon 2,1 0,2 2,4 n.d. n.d. n.d.
Lac Gauthier 2,1 0,4 14 5,3 2 340 1,05
Lac Gélinas 2,8 0,4 21 10,5 4 090 1,4
Lac Gervais 9,0 1,0 52 n.d. n.d. n.d.
Lac Joly 4,5 1,2 55 n.d. n.d. n.d.
Lac Maskinongé 7,5 1,0 9 3 2 940 0,41
Lac Mercier 11,1 1,2 34,9 11,3 13 200 2
Lac Ouimet 20,0 1,6 23 10,5 16 570 1,38
Lac Supérieur 8,0 1,7 20 20 n.d. n.d.
Lac Tremblant 231,8 9,7 91 23,5 231 000 2,05

Sources: Biofilia, 2004, MRC des Laurentides, 2005, MDDEP, 2006.
(1) Il est toutefois fort probable que plusieurs ruisseaux intermittents ne figurent pas dans cette base de données (Daniel Blais, MDDEP, comm. pers.).

Références 

BÉCHARD M., J. KELEGER, N. LAUZON et F. SYLVESTRE. 1983. À la découverte de la Diable, Guide synthèse, 225 p.

BLAIS, D. 2006. Communication personnelle. Géographe, direction du patrimoine écologique – MDDEP.

BLAIS, D. 2007. Communication personnelle. Géographe, direction du patrimoine écologique – MDDEP.

DEL DEGAN, MASSÉ et ASS. 2003. Plan directeur en environnement de la Ville de Mont-Tremblant. Tomes 1 et 2. Ville de Mont-Tremblant, 328 p.

DUFOUR, Carl. 2007. Communication personnelle. Biologiste, MRC des Laurentides.

MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DES PARCS DU QUÉBEC (MDDEP). 2006. Réseau hydrographique structuré de la rivière du Diable. Direction du patrimoine écologique. Préparé à partir de la BDTQ (1 :20 000).

MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DES PARCS DU QUÉBEC (MDDEP). 2005. Caractérisation et classification des lacs de la MRC d’Argenteuil, de la MRC de la Rivière du Nord, de la MRC des Pays d’en Haut et de la MRC des Laurentides,  24 p.

MRC DES LAURENTIDES. 2000. Schéma d’aménagement révisé. 356 p.

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