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Cette section présente les principales activités récréotouristiques liées à l’eau et pratiquées dans le bassin de la Diable. Pour sa part, la villégiature riveraine est abordée dans la section 3.7 du présent Portrait.
Les activités nautiques récréatives telles que la baignade, le canot et la pêche nécessitent une eau de qualité. Ainsi, le MDDEP a établi des critères de qualité de l’eau visant à prévenir les dangers pour la santé liés au contact direct ou indirect avec l'eau et à préserver les aspects esthétiques des plans d’eau. Ces critères sont surtout relatifs à la pollution bactériologique de l’eau et à la turbidité. Des critères ont également été établis pour assurer le maintien des conditions physico-chimiques de l’eau nécessaires à la vie aquatique (MDDEP). Ces différents critères de qualité de l’eau sont suivis par les divers programmes de suivi de l’eau tels qu’énoncés dans la section 2.1.3 du présent document.
Les activités nautiques récréatives nécessitent également un accès aux cours et aux plans d’eau. À ce titre, les rives des lacs de villégiature du bassin versant sont de plus en plus privatisées et développées. Les accès publics (plages ou mises à l’eau) sont principalement rattachés aux établissements hôteliers. Les seules plages publiques se retrouvent sur les lacs Carré, Joly, Mercier, Monroe (parc national du Mont-Tremblant, payante), Raynaud (Domaine Saint-Bernard, payante) et Tremblant. Le tableau 3.6.1 figurant à l’annexe 3.6 précise la localisation de ces plages. Quelques parcs municipaux de la Ville de Mont-Tremblant sont attenants aux plans d’eau (lacs Gauthier, Gélinas et Desmarais) et fréquentés par les résidants (Léonard, 2007). Quant aux rampes de mises à l’eau publiques, bien qu’on en compte plusieurs dans le parc national (lacs Savane, Rossi, Escalier, Monroe, Chat, etc.), on n’en dénombre que trois à l’extérieur des limites du parc, soit aux lacs Tremblant, Mercier et Joly. Celles-ci sont toutes payantes. Les municipalités de Val-des-Lacs, Lac-Supérieur et La Macaza n’offrent, quant à elles, aucun accès public à leurs plans d’eau dans le bassin versant de la rivière du Diable.
La baignade, pratiquée par 83 % des villégiateurs, est une activité très populaire dans le bassin versant de la Diable (Gohier, 2006). À titre d’exemple, plus de 200 personnes par jour fréquentent la plage municipale du Lac Carré (Arbour, 2002). Exception faite des sections situées immédiatement en aval des stations d’épuration, la qualité de la rivière du Diable est jugée « bonne » pour les activités récréatives (AGIR pour la Diable, 2006). La qualité bactériologique des eaux de baignade est « excellente » pour la majorité des 20 plages participantes au Programme Environnement-Plage du MDDEP. Entre 2005 et 2006, on note toutefois une dégradation de la qualité des eaux pour deux plages des lacs Tremblant et aux Quenouilles (MDDEP, 2005 et 2006). Basé sur la qualité bactériologique de l’eau, le Programme Environnement-Plage du MDDEP évalue la qualité des eaux de baignade des plages publiques qui en font la demande. Le tableau 3.6.1 figurant à l’annexe 3.6 présente l’évolution de la qualité des eaux de baignade de ces plages. Soulignons que les exploitants sont responsables de la qualité de l’eau de baignade des plages qu’ils gèrent.
La pêche sportive (pêche à la ligne et à la mouche) est une activité très populaire dans les Laurentides. Selon une étude réalisée en 1995, la région des Laurentides compterait autour de 79 801 pêcheurs résidents et près de 1,4 millions de jours de pêche y sont réalisés par année. Ces chiffres placent la région en tête du Québec quant à la fréquentation par les pêcheurs (MRNFP). En 2005, dans les lacs du parc situés dans le bassin versant de la Diable, il y a eu 3 113 prises de poissons par 1 679 pêcheurs (Vermette, 2006). Jusqu’à 28 % des villégiateurs du bassin pratiquent la pêche (Gohier Marketing, 2006). Selon Faune Québec, le potentiel de pêche du secteur n’est pas complètement exploité, surtout par la clientèle non-résidente (FAPAQ, 2002).
La pêche sportive est interdite dans les zones de préservation du parc du Mont-Tremblant, soit 15 % du bassin de la Diable (175 km2). Le sanctuaire de pêche de la rivière Cachée (au nord du lac Tremblant) en fait partie. En dehors de ces secteurs, la pêche sportive est praticable sur l’ensemble du bassin versant de la rivière du Diable. Tous les lacs et rivières du bassin versant sont assujettis à la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Ainsi, des limites de prises et des périodes désignées sont déterminées pour les trois zones définies au Plan de développement régional associé aux ressources fauniques des Laurentides (FAPAQ, 2002). De plus, comme sur tout le territoire, un permis de pêche québécois est obligatoire pour la pratique de la pêche. Par contre, dans le parc national du Mont-tremblant, l’absence d’ensemencements dans les lacs et cours d’eau implique que les quotas journaliers sont moins élevés qu’en territoire non protégé. Lorsqu’un lac a atteint son quota saisonnier, il est fermé à la pêche. Aussi, l’enregistrement obligatoire des prises dans le parc permet de s’assurer que la pression de pêche respecte la capacité de support des lacs (Langlois, 2006). À l’extérieur du parc du Mont-Tremblant, en l’absence de contrôle sur l’accès aux plans et cours d’eau et sur l’enregistrement des prises, on ne dispose d’aucune statistique précise sur la pêche (Brisebois, 2007).
Les principales espèces sportives sont l’omble de fontaine, le grand brochet, la truite brune et le touladi (truite grise). Les espèces ensemencées sont principalement l’omble de fontaine, la truite arc-en-ciel et le touladi. L’ensemencement régulier en salmonidés est essentiel au maintien de la pêche. En effet, les populations ne trouvent pas les conditions nécessaires pour se maintenir naturellement en nombre suffisant face à la demande (Nadon, 2007). De plus, la surpêche, la perte d’habitats, la compétition des espèces introduites et la détérioration du milieu (habitats et qualité de l’eau) nuisent au maintien des populations de poissons. En favorisant la construction de débarcadères, l’utilisation d’embarcations motorisées et le risque d’introduction d’espèces de poissons non indigènes, la pratique de la pêche sportive comporte des menaces pour l’habitat et les populations de poissons indigènes. En dehors du parc du Mont-Tremblant, les lacs et rivières du bassin versant sont donc régulièrement ensemencés. On a recours à cette pratique depuis la fin des années 1920 pour le lac Tremblant et depuis les années 1950 pour la rivière du Diable (MRNF et Del Degan, 2003). D’ailleurs, le Club des Moucheurs Endiablés ensemence annuellement plus de 3 000 truites matures dans la rivière du Diable (entre la confluence des rivières Le Boulé et Cachée) afin de mettre en valeur le potentiel de pêche sportive qu’offre cette rivière (Biofilia, 2004).
De part son potentiel exceptionnel lié à son site, la pêche à la mouche connaît un fort développement le long de la rivière du Diable depuis une dizaine d’années (Tremblant Fly Fishing, 2005). Entre l’embouchure de la rivière Le Boulé et le Versant Soleil, la rivière du Diable compte le plus long secteur de pêche à la mouche au Québec (3 km), réservé exclusivement à ce type de pêche depuis 2006. À partir de 1998, la mise en valeur du potentiel de pêche à la mouche de la rivière s’est réalisée via divers projets d’aménagements (sentiers pédestres, stationnements, accès à la rivière, signalisation, publicité et ensemencements). Ces aménagements sont en grande partie attribuables au Club des Moucheurs Endiablés (CME). Selon le CME, à chaque saison, environ 200 à 300 personnes pêchent dans la Diable à titre individuel et de 300 à 400 pêchent dans le cadre d’activités organisées (Del Degan, 2003). Il est intéressant de noter que la pêche à la mouche permet une meilleure gestion de la pêche à la truite car la capture pose une plus grande difficulté au pêcheur.
Le lac Tremblant, suite aux ensemencements effectués, offre un potentiel de pêche exceptionnel qui attire des pêcheurs du bassin versant, de Montréal et d’ailleurs. On y retrouve entre autres, la ouananiche, le maskinongé, l’éperlan arc-en-ciel et le touladi. Le lac Supérieur recèle également un potentiel de pêche pour la truite brune, mis en valeur par Les Sportifs du lac (Wilson, 2007).
Si le Club des Moucheurs Endiablés et le Parc du Mont-Tremblant favorisent l’accès des pêcheurs aux rivières du Diable, Cachée et Le Boulé ainsi qu’aux lacs protégés, la situation est différente pour les autres lacs. En effet, l’intensification de la villégiature et du développement immobilier riverain restreignent de plus en plus l’accès aux plans d’eau et à la pêche. Hormis le secteur exclusif de pêche à la mouche sur la rivière du Diable qui est gratuit, les prix parfois demandés pour avoir accès aux plans d’eau ne sont pas justifiés et limitent le droit d’usage pour les gens moins fortunés. L’accès public aux plans d’eau est un sujet litigieux. Si les rives peuvent être privatisées, la faune qui y habite n’appartient à personne et les lits des cours et plans d’eau demeurent publics pour une bonne proportion des lots dans le bassin versant de la rivière du Diable (Nadon, 2007).
Le canot et le kayak
Première rivière aménagée pour le canot-camping au Québec, la rivière du Diable comporte des attraits pour les pagayeurs de niveaux débutant à expert. Elle est canotable sur tout son parcours. Fréquentée depuis les années 1960, la section la plus populaire, dans le parc du Mont-Tremblant, est parcourue par plus de 7 000 personnes par année, dont la plupart réside à l’extérieur du bassin versant de la Diable. Dans le parc, 12 000 personnes par année pratiquent le canot ou le canot-camping sur la rivière du Diable et les principaux lacs de tête du bassin. Cette fréquentation ne représente que 23 % du potentiel d’accueil des infrastructures (Soucy, 2007). Cette activité pourrait toutefois y être contingentée pour protéger la reproduction de certains oiseaux (huart à collier, héron et hirondelle de rivage). Pour leur part, les aires de mise à l’eau et les emplacements de camping sont aménagés en conséquence des habitats fauniques (FAPAQ, 2000).
À la sortie du parc, après une section calme, la rivière comporte deux sections réservées aux experts. La première, débutant après la chute du canyon de la Diable, est généralement connue sous le nom du Toboggan. La seconde, débutant à la confluence de la rivière Le Boulé, est désignée Les rapides à Millette. Elles sont fréquentées par quelques centaines de pagayeurs par saison, principalement en hautes eaux, soit au printemps et à l’automne. Les trente derniers kilomètres, plus calmes, sont praticables par des canoteurs moins expérimentés. Toutefois, ils sont actuellement peu mis en valeur. Généralement praticables en crue, les autres rivières du bassin (Le Boulé, Archambault et Cachée) sont peu fréquentées et réservées aux experts (FQCK, 1999).
Plusieurs entreprises louent des canots et des kayaks sur la rivière du Diable, notamment dans le parc du Mont-Tremblant. En plus de louer des canots, l’entreprise Aventure Sans Fin, basée à Saint-Faustin-Lac-Carré, offre des cours et des descentes guidées en canot. Pour leur part, la plupart des camps de vacances détiennent une flotte d’embarcations pour leur clientèle. Plusieurs riverains et jusqu’à 42 % des villégiateurs possèdent également ces types d’embarcations (Gohier, 2006). Tous les lacs se prêtent à cette activité.
La voile
Seuls les grands lacs, tels que les lacs Tremblant, Maskinongé, aux Quenouilles, Supérieur, Caché et Ouimet, offrent un potentiel pour la pratique de la voile. Le Centre nautique Pierre Plouffe sur le lac Tremblant exploite d’ailleurs ce potentiel en louant plusieurs types d’embarcations et en offrant des cours. Plusieurs hôtels, centres et camps de vacances sur les lacs Maskinongé, aux Quenouilles et Ouimet possèdent des dériveurs et des planches à voile. Quoiqu’aucune donnée n’existe sur la pratique de ce sport de plaisance dans la région, il est à noter que 10 % des villégiateurs du secteur de Mont-Tremblant possèdent un bateau à voile (Gohier, 2006).
À l’exception de quelques lacs de villégiature et quelques lacs en zone de préservation dans le parc du Mont-Tremblant, les embarcations motorisées sont permises sur tous les plans d’eau du bassin versant de la rivière du Diable. Considérées par plusieurs comme une nuisance sonore et une source de pollution aquatique, les embarcations motorisées représentent également une source de perturbation des rives et du littoral. En effet, la création de vagues engendrées par le passage de ces embarcations accélère l’érosion des berges. Les grosses vagues générées par les bateaux de wakeboard sont particulièrement dommageables. De plus, la navigation dans les zones peu profondes provoque la remise en suspension des sédiments et du phosphore.
En vertu des lois fédérales Loi sur la marine marchande du Canada (1970) et Loi concernant les motomarines dans les eaux navigables (2003), les municipalités peuvent interdire les embarcations motorisées sur un plan d’eau de leur territoire. Cette interdiction est en vigueur pour le lac Carré à Saint-Faustin-Lac-Carré ainsi que pour les lacs Desmarais, Dufour, Forget, Fortier (Aqueduc), Gélinas et Ouimet à Mont-Tremblant (Voyer et Léonard, 2007). Depuis 2005, en raison de problèmes avec le myriophylle à épis, ce type d’embarcation est désormais interdit sur le lac Supérieur (Wilson, 2007). Des ententes réalisées entre les associations de lac et les résidants permettent également de déterminer la puissance des moteurs ainsi que les vitesses à respecter. De telles ententes sont en vigueur pour les lacs Durocher, à l’île, Gagnon (bateaux à moteur électrique seulement), Tremblant et le petit lac Orignal. Sur les lacs ayant une superficie plus importante tel que les lacs aux Quenouilles et Maskinongé, il n'y a généralement pas de restriction; il est alors possible de retrouver des bateaux plus puissants (Julien, 2007).
Les municipalités gèrent l’accès public aux plans d’eau. Afin d’éviter l’introduction de plantes nuisibles et envahissantes et de limiter l’accès au lacs Mercier et Tremblant, la ville de Mont-Tremblant exige certaines mesures. Ainsi, l’accès aux motomarines est interdit et il est obligatoire de laver les embarcations. Aussi, un tarif entre 60$ et 150$ par jour est demandé aux non-résidants (Léonard, 2007). Aucun lavage des embarcations n’est exigé dans le parc national du Mont-Tremblant.
Les croisièresDepuis 2006, la compagnie d’aviation Delco a établi sa base d’hydravions au lac Tremblant, y effectuant plusieurs départs et arrivées par jour en période estivale (Julien, 2007). La base de la compagnie Wheelair au lac Ouimet a fermé en 2006 lorsque les riverains ont racheté la balance de permis d’opération de la compagnie dans le but de faire cesser ses activités. Il est à noter que les lacs Duhamel, Maskinongé, Mercier et Supérieur sont également utilisés par des hydravions privés ou commerciaux (Del Degan, 2003). En plus de représenter une source de pollution sonore et un danger pour la sécurité nautique, les hydravions peuvent introduire des espèces de plantes envahissantes, tel que le myriophylle à épis.
À l’exception des routes qui croisent la rivière, le principal attrait pour les cyclistes est certainement le Parc linéaire du P’tit train du Nord. En effet, cette voie cyclable remarquable longe la rivière du Diable, plusieurs ruisseaux ainsi que les lacs Carré et Mercier. Il est donc évident que la rivière constitue un atout paysager important pour inciter les cyclistes à visiter la région, tout comme d’ailleurs les paysages forestiers. D’ailleurs, 79 % des villégiateurs de la région font du vélo (Gohier, 2006). Cette piste cyclable permet également un accès à la rivière du Diable. Jusqu’à nouvel ordre, le tronçon limitrophe à la rivière est fermé l’hiver.
L’utilisation du véhicule tout terrain (VTT) à des fins récréatives représente une activité de loisirs qui génère un impact économique sans cesse croissant depuis les dernières années dans la région des Laurentides. La région des Laurentides est celle qui reçoit le plus de dépenses touristiques reliées à la pratique de la motoneige (13 %) et du QUAD (16 %). D’ailleurs, en 2003, 9 600 motoneiges et 24 700 QUAD étaient immatriculés dans les Laurentides (Tourisme Québec). Selon une étude réalisée auprès des villégiateurs du bassin versant de la Diable, 5 % de ceux-ci possèdent une motoneige et 8 % un QUAD (Gohier, 2006). Ces véhicules motorisés peuvent circuler dans des sentiers aménagés ou encore hors-piste. La pratique de ces activités dans les sentiers aménagés avec des ponts et ponceaux minimise significativement leurs impacts sur le milieu naturel. Cependant, les QUAD qui circulent hors des sentiers tracés peuvent endommager le lit et les rives des cours d’eau et causer de l’érosion. Les secteurs vulnérables, tels les habitats fauniques, les sols humides ou instables peuvent être passablement dégradés par leur passage. Pour leur part, les motoneiges, circulant sur un sol gelé et recouvert de neige, entraînent moins de perturbations des milieux fragiles.