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| La rivière du Diable : suivis et connaissances actuelles | |
| Le cas de la rivière Cachée | |
| Les lacs : suivis et état actuel | |
En raison du haut degré de qualité de leur eau, les lacs et cours d’eau du bassin versant de la rivière du Diable constituent un attrait majeur pour la récréation, la villégiature et le tourisme et ce, depuis une centaine d’années. Le maintien de la qualité de ces écosystèmes complexes dépend de plusieurs facteurs liés aux formes d’occupation des milieux riverains et aux apports de nutriments et autres polluants en provenance des bassins versants. Bien que les principales mesures de protection des lacs et des cours d’eau soient maintenant largement reconnues, leur application s’avère inégale d’un endroit à l’autre du territoire et leur harmonisation avec les prérogatives du développement continue de soulever plusieurs défis. La section suivante fait le point sur les connaissances actuelles à ce sujet et résume les différents programmes de suivi de la qualité de l’eau existants à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable.
Qu’est-ce que la « qualité de l’eau » ? |
Les données disponibles sur la qualité de l’eau de la rivière du Diable proviennent à la fois de programmes de suivi continu et d’études ponctuelles. Les programmes de suivi continu coexistant le long de la rivière du Diable sont ceux de Station Mont-Tremblant (1993 à 2005), du MDDEP (Réseau-rivières, depuis 1996), du Regroupement des golfs de Mont-Tremblant (depuis 2003) et d’AGIR pour la Diable (depuis 2006). Les principales études ponctuelles sont celles conduites par la firme Roche, au compte de Station Mont-Tremblant (2003) et par la firme Biofilia, pour la Ville de Mont-Tremblant, au cours de l’été 2004.
Programme de contrôle et de suivi environnemental de Station Mont-TremblantDe 1993 à 2005, un important programme de suivi de la qualité de l’eau a été conduit par Station Mont-Tremblant sur la rivière du Diable, sur plusieurs ruisseaux tributaires attenants aux terrains de Station Mont-Tremblant, et au lac Tremblant (secteur du Parc-Plage). L’objectif de ce programme était de surveiller les répercussions des activités de construction associées au développement de la Base Sud. Les résultats obtenus indiquent que le développement de la Base Sud a eu peu d’impacts sur la qualité de la rivière du Diable. Toutefois, des taux de conductivité élevés ont été mesurés dans certains ruisseaux ainsi qu’au marais situé au pied de la Base Sud. Ces derniers seraient liés à l’application de sels de déglaçage et au développement du réseau routier (Tremblay, 2001).
Depuis 1996, un échantillonnage mensuel de la qualité de l’eau est réalisé sur la rivière du Diable, à hauteur du pont Prud’Homme (au sud de Saint-Jovite). Ce prélèvement s’effectue dans le cadre du Réseau-rivières, un programme provincial mis en place par le MDDEP. Une douzaine de paramètres physico-chimiques et bactériologiques sont analysés. L’échantillonnage sur le terrain, auparavant effectué par des bénévoles, est réalisé par AGIR pour la Diable depuis octobre 2005.
Le suivi au pont Prud’homme indique une amélioration tangible de la qualité de l’eau depuis le début des années 2000. La qualité y est en effet passée de généralement «satisfaisante», pour la période de 1996 à 2000, à généralement «bonne» pour la période de 2001 à 2005. Cette amélioration est principalement due à une réduction de la pollution bactériologique (coliformes fécaux), observable depuis la réfection de l’usine d’épuration de Saint-Jovite, en 2004. Cependant, les concentrations de coliformes fécaux dépassent à l’occasion le critère de qualité établi pour la baignade. Une attention particulière doit donc être portée au secteur sud de la rivière du Diable.
Le Regroupement des golfs de Mont-Tremblant réunit les six golfs situés de part et d’autre de la rivière du Diable. Ce dernier a volontairement implanté un programme de suivi estival des eaux de surface et souterraine depuis 2003. Les paramètres étudiés visent à endiguer l’impact des fertilisants et pesticides utilisés par les golfs sur la qualité de l’eau de la rivière. Les résultats obtenus pour les années 2003 à 2005 indiquent que la rivière du Diable serait peu affectée par ces produits. Des traces de certains pesticides sont toutefois observées dans certains ruisseaux traversant les golfs, généralement en concentrations inférieures aux critères de qualité existants (Strate Environnement, 2006).
Dans l’objectif de compléter les données actuellement disponibles, AGIR pour la Diable a amorcé en 2006 un programme d’échantillonnage mensuel et estival (de mai à octobre) de la rivière du Diable et de ses principaux tributaires. La saison 2006 a permis d’effectuer un suivi des principaux paramètres physico-chimiques et bactériologiques à six stations situées sur les rivières du Diable, Le Boulé et Cachée, ainsi que sur le ruisseau Clair. Les résultats des échantillonnages réalisés en 2006 indiquent une eau de qualité suffisamment bonne pour permettre l’ensemble des usages, incluant la baignade. Quant au ruisseau Clair, les taux relativement élevés de turbidité et de coliformes fécaux y ayant été mesurés signalent une certaine dégradation dans le secteur de Mont-Tremblant. Les résultats complets des échantillonnages réalisés par AGIR pour la Diable depuis 2006 peuvent être consultés sur Internet, à l’adresse suivante : http://www.agirpourladiable.org/html/resultats.html.
Étude de caractérisation de la rivière du Diable, Ville de Mont-TremblantLa rivière Cachée, section sud, est sans doute le tributaire de la rivière du Diable dont la qualité de l’eau est la mieux documentée. L’attention particulière portée à ce cours d’eau s’explique notamment du fait que celui-ci recevait, au sud du lac Tremblant, les eaux usées à la fois de la station d’épuration du Village Pinoteau (fermée en 2004) et de la pisciculture Mont-Tremblant (ce rejet existe toujours).
Des analyses effectuées par Biofilia au cours des étés 2002 et 2004 y indiquaient une sérieuse problématique de phosphore, ce nutriment étant en concentrations nettement supérieures au seuil établi pour prévenir l’eutrophisation (quatre fois le seuil établi en 2002). Les programmes de suivi les plus récents nous fournissent toutefois des données indiquant une amélioration de la situation. Ainsi, le programme de suivi environnemental du Regroupement des golfs de Mont-Tremblant (été 2005) et d’AGIR pour la Diable (été 2006) démontre que la situation semble s’être corrigée. Ce retour à la normale porte à croire que la présence du phosphore en quantité excessive était imputable aux rejets de la station d’épuration du Village Pinoteau (fermée en 2004). Afin de confirmer cette tendance, une surveillance particulière devra être maintenue dans ce secteur.
La beauté naturelle des paysages et la tranquillité associée à la vie au bord de l’eau font des lacs des sites convoités pour la villégiature. Cependant, l’attrait que représentent ces milieux dépend directement de leur qualité. Ainsi, la quasi-totalité des lacs de villégiature du bassin versant de la rivière du Diable font aujourd’hui l’objet d’un suivi de la qualité de l’eau. Cette surveillance consiste principalement à évaluer le niveau trophique du lac, c'est-à-dire son évolution dans le processus d’eutrophisation (voir l’encadré ci-dessous).
L’eutrophisation Le processus naturel d’eutrophisation d’un lac s’étend sur plusieurs milliers d’années. Il n’est pas visible à l’échelle d’une vie humaine. Cependant, il s’avère de plus en plus évident que certaines activités humaines engendrent des apports excessifs de nutriments (dont notamment le phosphore) et de sédiments aux plans d’eau et provoquent ainsi un vieillissement prématuré des lacs. Les activités en cause sont nombreuses : multiplication des installations septiques, épandage d’engrais, érosion des terres, des chemins et des fossés, artificialisation des rives… Ainsi, le vieillissement des lacs devient observable sur quelques décennies, voire quelques années! Cette dégradation s’accompagne de nombreux impacts écologiques : perte de biodiversité, diminution de la transparence de l’eau, prolifération de plantes aquatiques et d’algues et envasement du littoral. Ces derniers vont de pair avec des impacts économiques non négligeables. |
Plusieurs protocoles de suivi sont utilisés pour évaluer la qualité de l’eau des lacs du bassin versant. Il s’agit de vastes programmes municipaux (Ville de Mont-Tremblant et St-Faustin-Lac-Carré), ou de programmes régionaux de soutien aux associations de lacs, conduits par le MDDEP (Réseau de Suivi Volontaire) et le CRE Laurentides (Bleu Laurentides), ou encore d’études de biologistes et de consultants financées par les riverains eux-mêmes.
Le tableau ci-dessous résume les données les plus récentes à ce sujet pour les lacs du bassin versant. Mentionnons par ailleurs qu’aucun suivi de la qualité de l’eau n’est effectué pour les lacs situés dans le Parc national du Mont-Tremblant.
Tableau 2.1.3.1: État trophique des lacs de villégiature du bassin versant de la rivière du Diable
| Nom du lac | Date du dernier suivi |
Responsable du suivi |
État trophique |
Problèmes observés 1 |
| Lac Calvé | 2004 | VMT | Oligo-mésotrophe | 1, 2 |
| Lac Moore | 2004 | VMT | Mésotrophe | 2, 5 |
| Lac Lamoureux | 2004 | VMT | Mésotrophe | 1 |
| Lac Dufour | 2004 | VMT | Mésotrophe | 1, 3, 5 |
| Lac Forget | 2004 | VMT | Mésotrophe | 1, 5 |
| Lac Fortier | 2004 | VMT | Oligotrophe | |
| Lac Gélinas | 2004 | VMT | Oligotrophe | |
| Lac Gauthier | 2005 | RSV | Oligo-mésotrophe | 1, 3, 5 |
| Lac Duhamel | 2004 | VMT | Oligotrophe | 4, 5, 6 |
| Lac Desmarais | 2004 | VMT | Oligotrophe | |
| Lac Maskinongé | 2004 | VMT | Eutrophe | 1, 4, 5 |
| Lac Mercier | 2004 | VMT | Oligo-mésotrophe | 2, 5, 6 |
| Lac Ouimet | 2004 | VMT | Mésotrophe | 3, 5, 6 |
| Lac Tremblant | 2004 | VMT | Oligotrophe | |
| Lac Supérieur | 2005 | RSV et APEL | Mésotrophe | 1, 6 |
| Lac aux Ours | 2005 | RSV | Eutrophe | 1, 4 |
| Lac Boileau | 2005 | RSV | Mésotrophe | 1 |
| Lac Français | 2005 | RSV | Mésotrophe | 1 |
| Lac Équerre | 2004 | RSV | Oligotrophe | 1 |
| Lac Lauzon | 2005 | RSV | Méso-Eutrophe | 1 |
| Lac Rossignol | 2005 | RSV | Mésotrophe | 1 |
| Lac Gagnon | 2006 | RSV et BL | Mésotrophe | 1,2,3,6,7, |
| Lac Orignal | 2006 | RSV et BL | Mésotrophe | 1, 4, 8, |
| Lac Quenouille | 2006 | RSV et BL | Mésotrophe | 1,3,4,8,7 |
| Lac Carré | 2006 | SFLC | Mésotrophe | 1,2,6,8 |
| Grand lac Caché | 2005 | BL | Oligotrophe | |
| Lac Joly | 2006 | BL | Oligotrophe | |
| Lac Gervais | 2005 | SBL | Oligotrophe |
Sources : Del Degan, Massé et ass. (2003), Biofilia (2004), Saint-Cyr (2005),
MDDEP (2007) et CRE Laurentides (2007).
1 Types de problèmes observés: |
2 Responsables du suivi : |
1.Substances nutritives excédantes (phosphore et/ou azote) |
VMT: Ville de Mont-Tremblant (programme triennal) |
2.Sels de déglaçage (chlorures) |
RSV: Réseau de suivi volontaire, MDDEP |
3.Érosion des rives |
APEL: Association de lac |
4.Apport en sédiments |
BL:Bleu Laurentides |
5.Déboisement du milieu riverain |
SFLC:Municipalité de St-Faustin-Lac-Carré |
6.Myriophylle à épis |
SBL: Station de biologie des Laurentides |
7.Prolifération de plantes aquatiques |
|
| 8.Algues filamenteuses |
L’étude du tableau 2.1.3.1 permet de constater que plus de la moitié des lacs pour lesquels l’état trophique a récemment été établi se situent au stade mésotrophe ou à un stade trophique plus avancé. Trois lacs ont atteint le stade eutrophe, soit le lac Maskinongé (à Mont-Tremblant) et les lacs aux Ours et Lauzon (tous deux à Lac-Supérieur). Le cas du lac Maskinongé est bien connu et documenté : la dégradation de la qualité de son eau depuis les années 1950 est associée aux activités agricoles à l’intérieur de son bassin versant, mais aussi aux impacts de la villégiature et du déboisement des rives (Del Degan, 2003). Autrefois l’un des principaux attraits récréotouristiques de la région, le sort du lac Maskinongé devrait inciter à adopter une attitude préventive pour la protection des autres lacs.
Par ailleurs, il est important de noter que l’analyse historique des données disponibles indique un enrichissement progressif et généralisé pour la quasi-totalité des différents lacs au cours des dernières années, comme le permet de constater le tableau en annexe 2.1.3. Cette tendance ne correspond pas à l’évolution naturelle des lacs et est fort probablement attribuable aux activités humaines (Del Degan, 2003).
Les cyanobactéries
Les cyanobactéries illustrent bien cette situation où la perte de la qualité du lac rime avec la perte d’usage de ce milieu. Lorsque les conditions sont propices (phosphore abondant), ces organismes microscopiques vont proliférer anormalement pour former des efflorescences ou fleurs d’eau. À leur mort, les cyanobactéries peuvent libérer des toxines présentant un risque pour la santé publique. Ainsi, les cyanobactéries sont un symptôme de l’enrichissement accéléré des plans d’eau. Cette nouvelle problématique a affecté plusieurs lacs des Laurentides, dont le lac Mercier, premier lac touché dans le bassin versant de la rivière du Diable en novembre 2006 (AGIR, 2007). C’est une situation dont l’évolution sera à surveiller pour le bassin versant…
Tableau 2.1.3.2 Épisodes de cyanobactéries ayant été observés à l’intérieur du bassin versant de la Diable
| Nom du plan d’eau |
Municipalité |
Date de l’émission de |
Date officielle de |
|
| 2006 | Lac Mercier | Mont-Tremblant |
2 novembre 2006 |
15 mai 2007 |
| 2007 | Lac Cachée | La Macaza | 15 juin 2007 | - |
| Lac Mercier | Mont-Tremblant |
21 juin 2007 |
- |
|
| Lac Tremblant | Mont-Tremblant | 29 juin 2007 | - | |
| Lac Ouimet | Mont-Tremblant | 3 juillet 2007 | - | |
| Lac Maskinongé | Mont-Tremblant |
3 juillet 2007 |
|
Dernière mise à jour : 4 juillet 2007
Source : Direction de la Santé publique des Laurentides (ASSS des Laurentides)
Plusieurs autres polluants sont susceptibles d’affecter les lacs du bassin versant de la rivière du Diable : les hydrocarbures, les pesticides, les pluies acides et les rebuts de tout genre… Ceux-ci demeurent toutefois peu documentés.
AGIR POUR LA DIABLE. Les cyanobactéries…symptôme de l'enrichissement accéléré des plans d'eau, 2007.
BÉCHARD M., J. KELEGER, N. LAUZON et F. SYLVESTRE. À la découverte de la Diable, Guide synthèse, 1983.
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DEL DEGAN, MASSÉ ET ASS. Plan directeur en environnement de la Ville de Mont-Tremblant, Tomes 1 et 2, 2003.
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