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Depuis près de 100 ans, le bassin versant de la rivière du Diable se positionne comme une destination de villégiature et de récréotourisme internationale. La qualité et la diversité des plans et cours d’eau associées au relief montagneux, dominé par le massif du Mont-Tremblant, sont à la base de cette notoriété. Deux tiers des villégiateurs possèdent une résidence secondaire dans le secteur pour profiter de la nature et de la qualité de l’air et de l’eau (Gohier, 2006). En plus de la population de villégiature résidante, le récréotourisme attire environ trois millions de visiteurs chaque année et ce, depuis le développement de Station Mont Tremblant dans les années 1990. Principal moteur économique, le secteur récréotouristique, englobant l’hébergement et la restauration représente un emploi sur deux dans le bassin versant. La section 1.5 du présent document, intitulée Le profil socioéconomique, explicite davantage l’importance du secteur récréotouristique dans l’économie régionale.
Quoique le secteur de Mont-Tremblant Station concentre les activités et les infrastructures touristiques d’importance, le secteur habité du bassin n’est pas en reste. En effet, il est parsemé de réseaux récréatifs, de pourvoyeurs d’activités récréatives et d’établissements d’hébergement, principalement riverains. La carte 1.3 Occupation actuelle et projetée du territoire permet de constater la prédominance de l’occupation récréotouristique dans la portion habitée du bassin. Les sites « récréotouristiques » présentés correspondent aux centres de ski et aux terrains de golf.
Il est évident que la rivière du Diable, ses affluents, et l’ensemble des plans d’eau de son bassin versant, constituent un atout important pour inciter la pratique d’activités récréatives nautiques et terrestres. Pour leur part, le bassin versant du lac Tremblant et la vallée de la rivière du Diable sont constitués d’un mélange de versants boisés et d’aménagements récréotouristiques. Cette caractéristique en fait d’ailleurs des paysages identitaires de la région (Del Degan, 2003). De manière générale, les paysages de types aquatique (chutes, lacs, rivières), forestier et agro-forestier (paysages montagneux, vallées) ont d’importantes valeurs économiques, écologiques et sociales (FAPAQ, 2002).
Au total, plus de 85 % du bassin versant de la rivière du Diable est aménagé et préservé pour favoriser un usage récréotouristique du territoire. Le parc national du Mont-Tremblant est la seule aire protégée en vertu de la Loi sur les Parcs. Cependant, le Domaine Saint-Bernard à Mont-Tremblant, qui découle d’une initiative conjointe entre les citoyens et la Ville de Mont-Tremblant, est protégé à perpétuité par son statut de fiducie d’utilité publique. Ces territoires, totalisant 750 km2, ont une mission de conservation et de récréation. D’autres espaces naturels, tel que le Centre d’accès à la nature de l’UQAM, ne sont pas protégés par la loi, mais profitent d’une affectation « récréative extensive » interdisant le développement résidentiel et contrôlant les activités sylvicoles (MRC des Laurentides, 2000). La carte 3.1 Les grandes affectations du territoire situe les trois principaux territoires naturels protégés, soit le parc national du Mont-Tremblant, le Domaine Saint-Bernard et le Centre d’accès à la nature de l’UQAM.
Depuis 1991, le parc du Mont-Tremblant a une double mission de conservation du territoire et d’accès public au milieu naturel par le biais d’infrastructures et d’activités récréatives. Seuls la randonnée pédestre, le ski de fond, la raquette, le vélo de montagne, le canot-camping et la pêche (motorisée) sont permis. Avec près de 300 000 visiteurs par année (dont 15 000 en hiver), le secteur de la Diable accueille 69% de l’achalandage du parc du Mont-Tremblant (Soucy, 2007). Les activités les plus pratiquées sont la randonnée pédestre (pratiquée par 75% des visiteurs), la baignade (37%) et le canot (25%) (Parcs Québec, 2006).
D’une superficie de 6 km2, le parc écotouristique communautaire du Domaine Saint-Bernard offre une plage ainsi qu’un réseau de 29 km de sentiers pédestres, de ski de fond et de raquette. Le Domaine dispose de 4 km de sentiers longeant la rivière du Diable. Plus de 50 000 personnes fréquentent le Domaine par année dont la moitié en période hivernale pour y pratiquer le ski de fond (Charbonneau, 2007). Pour sa part, le Centre d’accès à la nature de l’UQAM, situé à Lac-Supérieur, donne accès à 25 km de sentiers de randonnée dont le sentier Inter-centre. Riverain de la rivière Archambault, la baignade est possible sur place. Le centre entretient également des aires de camping et des refuges fréquentés par plus de 2 000 personnes par année (Dufour, 2007).