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2.1.2 Hydrologie de la riviÈre du Diable


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LES FAITS SAILLANTS

dot Le régime hydrique de la rivière du Diable et de ses tributaires est de type « pluvio-nival », lequel se caractérise par l’évènement de deux cycles « crue - étiage » à chaque année.  

dot Les débits maximums sont observés lors de la crue printanière (avril-mai), suite à la fonte des neiges. Une deuxième crue (octobre – novembre) résulte des pluies d’automne.  

dot Les périodes d’étiage (basses eaux) ont lieu vers la fin de l’été (août / septembre) et en hiver (janvier / février). De façon générale, les étiages estivaux sont plus sévères que les étiages hivernaux.  

dot Le débit moyen annuel de la rivière du Diable à St-Jovite (au droit de l’usine de filtration de Saint-Roch) est estimé à 20,5 m3/s. Ce débit est considéré faible. Des variations saisonnières importantes sont par ailleurs observées, avec des débits pouvant aller de 4,98 m3/s (débit d’étiage, Q 2-7) à 123,8 m3/s (débit de pointe au sud de St-Jovite, Q-2 ans).  

dot Faute de suivi hydrométrique sur la rivière du Diable, les données disponibles à ce jour sur l’hydrologie de celle-ci correspondent à des approximations établies à partir de relevés provenant de rivières avoisinantes.

 

2.1.2 Hydrologie de la rivière du Diable

Cours d’eau le plus sollicité du bassin versant, la rivière du Diable sert autant à la dilution qu’au transport des eaux usées après traitement, devenant ainsi source d’eau potable. Toutefois, faute d’outils de mesure des débits, les données disponibles sur l’hydrologie de cette rivière sont établies sur des estimations de l’hydrologie de différentes rivières avoisinantes. À la lumière de ces estimations, cette section présente le régime d’écoulement de la rivière du Diable ainsi que ses débits moyens, d’étiage et de pointe.

Le régime hydrologique

Les variations, dans le temps, des débits d’un cours d’eau constituent ce qu’on appelle « son régime hydrologique ». La rivière du Diable, ainsi que ses tributaires, présentent un régime de type pluvionival caractérisé par l’évènement de deux cycles « crue - étiage » à chaque année. Les crues correspondent aux périodes de forts débits tandis que les étiages correspondent aux périodes de faibles débits. À défaut de données propres à la rivière du Diable, le graphique 2.1.2.1, représentant la distribution annuelle du débit moyen de la rivière Rouge, offre un aperçu approximatif des variations annuelles du régime hydrologique de la rivière du Diable.

Graphique 2.1.2.1 : Débit moyen (m3/s) de la rivière Rouge mesuré à la Station 040204, en amont de la chute McNeil, Argenteuil.

Graphique 2.1.2.1

Source : CEHQ, 2006.

Tel que l’indique le graphique précédent, les débits maximums sont observés au moment de la crue printanière (avril-mai) et sont suivis par un étiage estival vers la fin de l’été (août-septembre). Les débits reviennent à la hausse au cours des mois d’octobre et de novembre, avec les pluies automnales et l’entrée en dormance de la végétation. Enfin, un étiage d’hiver résulte du stockage de l’eau sous forme de neige au cours des mois de janvier et février.

À l’instar de la plupart des cours d’eau du Bouclier canadien, le régime hydrologique de la rivière du Diable se caractérise par un temps de réponse rapide aux variations de précipitations. Cela entraîne des contrastes marqués entre les périodes de crue, où la rivière déborde de son lit, et les périodes d’étiage. Cette rapidité à répondre aux variations climatiques s’explique par plusieurs facteurs : les types de sols, les pentes prononcées qu’on retrouve à l’intérieur du bassin versant et la superficie relativement petite des unités de drainage.

On estime à partir du débit moyen annuel à la hauteur de Saint-Jovite (station Saint-Roch) que 57 % des précipitations reçues sur le territoire se retrouvent éventuellement dans la rivière du Diable (selon un délai plus ou moins long). Les autres 43 % retournent dans l’atmosphère par évaporation, en partie via la végétation. L’annexe 2.1.2 présente davantage d’information concernant les principaux paramètres hydrologiques. 

Si le temps de renouvellement de l’eau dans un lac peut varier de quelques mois et plusieurs années, en général, le temps de renouvellement de l'eau d’une rivière est d'environ deux semaines (Environnement Canada). Cela explique qu’un cours d’eau est davantage utilisé pour le rejet des eaux usées municipales après traitement. Aucune donnée précise quant au temps de renouvellement de l’eau n’est toutefois disponible pour la rivière du Diable.

Par ailleurs, la faible artificialisation des rives et le nombre restreint de barrages d’importance à l’intérieur du bassin versant font en sorte que le régime d’écoulement de la rivière du Diable et de ses tributaires demeure naturel ou faiblement influencé (SNC-Lavalin, 2004). Deux barrages sont situés directement sur la rivière du Diable, soit à l’exutoire des lacs Monroe et Escalier, tous deux à l’intérieur du Parc du Mont-Tremblant; ces derniers n’influencent que faiblement l’écoulement de la rivière (CEHQ, 2003). La section 3.11 du présent document, intitulée Inventaire et gestion des barrages, ainsi que la carte Inventaire des barrages présentent les caractéristiques et la localisation des barrages dans le bassin versant de la rivière du Diable ainsi que la réglementation afférente.

Défaut de suivi

Actuellement, seule Station Mont-Tremblant effectue un suivi des débits de la rivière du Diable à sa prise d’eau pour le Camp Nord (en bordure du chemin Duplessis). Il s’agit toutefois d’un suivi partiel, les débits étant mesurés entre 2,8 m3/s et 3,8 m3/s seulement, et ce, pour les mois de novembre à février.

En l’absence d’un suivi hydrométrique complet sur la rivière du Diable, les débits sont évalués à partir des relevés effectués sur des rivières avoisinantes et dont les bassins versants présentent des caractéristiques géomorphologiques et climatiques semblables. Cette méthode, appelée «transfert de bassins versants », permet de transposer les débits d’une rivière à l’autre en fonction de la superficie de leurs bassins versants. Ainsi, les débits de la rivière du Diable, retrouvés dans les études les plus récentes, sont les résultats d’extrapolations faites à partir de la rivière du Nord, à Sainte-Agathe-des-Monts, de la rivière Doncaster, à Sainte-Marguerite ou de la rivière Rouge, à Argenteuil.

Débits moyens

Estimés à partir des données historiques de la rivière Rouge, les débits moyens de la rivière du Diable à Saint-Jovite (station Saint-Roch) varient entre 11 m3/s durant la période hivernale et 12,6 m3/s durant la période estivale, pour une moyenne annuelle de 20,5 m3/s. Dans le contexte québécois, ce débit est considéré faible. Les débits moyens augmentent d’un tiers entre le Camp Nord et le Versant Soleil et doublent entre le Camp Nord et la station Saint-Roch (SNC-Lavalin, 2004). Cela s’explique par le fait que ce tronçon de 25 km de la rivière du Diable est alimenté par ses deux principaux tributaires, les rivières Le Boulé et Cachée.   

Le tableau 2.1.2.1 présente les débits moyens pour la rivière du Diable estimés avec la méthode de « transfert par bassins versants » à partir des statistiques de la station 040204 située sur la rivière Rouge pour la période de 1970 à 2000.

Tableau 2.1.2.1 : Les débits moyens estimés pour la rivière du Diable

Période
Débit de la rivière du Diable (m3/s)
Camp Nord
Versant Soleil
St-Jovite
(station Saint-Roch)
Moyenne hivernale
5,4
8,0
10,9
Moyenne estivale
6,2
9,2
12,6
Moyenne annuelle
10,1
15
20,5

Sainte-Agathe-des-Monts, de la rivière Doncaster, à Sainte-Marguerite ou de la rivière Rouge, à Argenteuil.

Source : Calculés à partir de SNC-LAVALIN (2004)

Débits d’étiages

Les débits d’étiages de la rivière du Diable ont été évalués afin de déterminer le potentiel d’extraction d’eau et de dilution de rejets d’eaux usées traitées. Le tableau 2.1.2.2 présente les débits d’étiages moyens théoriques évalués par la firme SNC-Lavalin pour les étiages d’été et d’hiver à différents endroits sur la rivière du Diable et ses principaux tributaires. Deux débits d’étiages sont calculés, soit le Q 2-7 et le Q 10-7 (débit moyen minimal sur une période de sept jours enregistré à l’intérieur de deux et dix ans respectivement). De façon générale, les étiages estivaux sont plus sévères que les étiages hivernaux, autant pour la rivière du Diable que pour ses principaux tributaires. Faute d’outils de mesure, aucun suivi des débits d’étiages n’est effectué dans le bassin versant de la rivière du Diable.

Tableau 2.1.2.2 : Débits d’étiages pour la rivière du Diable et ses principaux tributaires

Rivière
Débit (m3/s)
Secteur

Étiage
d’été
Q 2-7

Étiage
d’été
Q 10-7

Étiage
d’hiver
Q 2-7

Étiage
d’hiver
Q 10-7

Du Diable
Camp Nord
2,45
1,41
3,09
2,01
Du Diable
Versant Soleil
3,64
2,10
4,59
2,99
Du Diable
Station Saint-Roch
4,98
2,87
6,28
4,09
Du Diable
embouchure sur
la Rouge
5,55
3,20
7,01
4,56
Le Boulé
embouchure sur
la Diable
1,02
0,59
1,29
0,84
Cachée
embouchure sur
la Diable
1,09
0,63
1,38
0,90

Source : SNC-LAVALIN (2004)

Débits de pointe

Le débit de pointe correspond au débit maximal instantané, associé généralement à la crue d’un cours d’eau. Dans son programme de détermination des cotes de crue, le CEHQ a déterminé des débits de pointe pour les rivières du Diable et Le Boulé en extrapolant des données provenant d’autres bassins versants. Les débits de pointe (récurrence de 2, 20 et 100 ans) avancés par le CEHQ sont présentés au tableau 2.1.2.3

Encore une fois, l’absence de mesure des débits sur la rivière du Diable fait en sorte qu’aucun suivi des débits de pointe ou de crues ne peut être effectué à l’intérieur du bassin versant.

Tableau 2.1.2.3   Débits de pointe (Q) pour les rivières du Diable et Le Boulé

Cours d'eau
Secteur

Q 2 ans
(m3/s)

Q 20 ans
(m3/s)

Q 100 ans
(m3/s)

Du Diable
Amont de la confluence avec la rivière Cachée
81
132,2
174,3
Du Diable
Pont du Parc linéaire
111,7
190,5
240,3
Du Diable
Sud de Saint-Jovite
123,8
211,1
266,4
Le Boulé
Aval de la confluence avec la rivière Archambault
46,2
64,9
69,4

Source : CEHQ (2003 et 2004)

Références 

Blais, B. (MDDEP). Direction du patrimoine écologique et des parcs, communication personnelle, janvier 2007.

CEHQ - Centre d’expertise hydrique du Québec (2003). Rivière du Diable: municipalité de lac-Supérieur. Programme de détermination des cotes de crues. PDCC15-005.

CEHQ - Centre d’expertise hydrique du Québec (2004). Rivière du Diable: Ville de Mont-Tremblant (secteur de Saint-Jovite). Programme de détermination des cotes de crues. PDCC15-006.

CEHQ - Centre d’expertise hydrique du Québec (2004). Rivière Le Boulé: Municipalité de Lac-Supérieur. Programme de détermination des cotes de crues. PDCC15-008.

CEHQ - Centre d’expertise hydrique du Québec (2006). Rivière du Diable: Ville de Mont-Tremblant. Programme de détermination des cotes de crues. PDCC15-006.

CEHQ - Centre d’expertise hydrique du Québec (2006). Stations hydrométriques du Québec. Site Internet : www.mddep.gouv.qc.ca/cehq

Environnement Canada (2006). Eau douce. Site Internet : www.ec.gc.ca

SNC-LAVALIN Environnement (juillet 2004). Évaluation environnementale de la rivière du Diable. Rapport final préparé pour la Ville de Mont-Tremblant. 92p.

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