AGIR pour la DiablePlan Directeur de L'eauObjectifs et démarchesDocument CompletAGIR pour la Diable
Portrait
Le territoire
Localisation et description généerale du bassin versant
L'histoire
Le milieu physique
le climat
Le profil socio-economique
Les Ressources Naturelles
Activites et Impacts
Annexes
Cartographie
Diagnostic
Plan d'action
volet4
Lexique
Annexes
Cartographie
 
Ville de Mont-Tremblant
Ville de Mont Tremblant
Tremblant
as
MRC
Forum de discussion
 
Quelques images
L' histoire
L' histoire
L' histoire
L' histoire
 
 
 
 
 
 
 

1.2 L' histoire


html
pdf

LES FAITS SAILLANTS

dot Les Algonquins ont occupé le bassin versant de la rivière du Diable pendant des milliers d’années avant l’arrivée des premiers colons ;


dot Dès 1860, les bûcherons ont remonté la rivière du Diable à la recherche de bois de sciage. L’exploitation forestière est restée l’activité principale du territoire jusqu’en 1900 ;


dot Le Gray Rock Inn est le premier centre de villégiature à voir le jour en 1906. Dès 1920, le secteur récréotouristique devient dominant dans le secteur de Tremblant.

 

1.2 L' histoire

La nation amérindienne des Algonquins occupait le territoire des Laurentides de façon extensive depuis plusieurs milliers d’années quand les premiers bûcherons ont commencé à remonter les rivières Rouge et du Diable. Dès 1850, les compagnies forestières exploitent les pinèdes proches de l’embouchure de la rivière du Diable. Le premier noyau de peuplement de la vallée de la rivière du Diable s’établit d’ailleurs autour de la ferme-relais implantée par les frères Hamilton, les « barons » de la forêt (à proximité de l’actuel pont Prud’Homme) (Soucy, 1995). À partir de 1860, les bûcherons remontent la rivière à la recherche des bois de sciage les plus précieux et sont suivis de près par les colons.

La colonisation du secteur du Mont-Tremblant est issue de deux principaux courants : l’un, francophone, venu du sud-est via le couloir dit « de Saint-Jérôme » (sous l’impulsion du curé Antoine Labelle), et l’autre, anglophone, venu du sud-ouest par le couloir dit « de Grenville » (vallée de la Rouge). De 1870 à 1900, alors que la colonisation s’étend à toute la plaine de Saint-Jovite, jusqu’aux rives du lac Tremblant, l’exploitation du bois demeure l’activité principale de la région (Béchard et al., 1983).

À la fin du XIXe siècle, la colonisation dans le secteur de Mont-Tremblant connaît une expansion rapide qui se traduit par la construction du premier pont franchissant la rivière du Diable, en 1874, et l’arrivée du chemin de fer, en 1893. Dès 1895, une soixantaine de kilomètres carrés, incluant la majeure partie de la montagne Tremblante, sont désignés « réserve forestière » de l’État. Le changement de statut de la montagne n’a pas entraîné de conséquences pour les propriétaires des concessions forestières et des clubs privés qui, en vertu d’une loi adoptée en 1883, peuvent continuer de jouir des mêmes droits de coupe, de chasse et de pêche (voir l’encadré 1.2.1 ci-dessous pour l’historique des activités sylvicoles sur le territoire du Parc national du Mont-Tremblant). Une villégiature modeste s’implante alors autour de certains lacs tels que le lac Mercier ou la rive sud-est du lac Tremblant. Le premier centre récréotouristique majeur, le Gray Rock Inn, est fondé en 1906 sur les rives du lac Ouimet.

Dès 1920, le secteur du Mont-Tremblant se tourne résolument vers le tourisme.  Pendant la saison estivale, les lacs, de peu d’intérêt au temps de la colonisation, sont devenus, de façon fulgurante, un attrait touristique très important. Les montagnes emboîtent rapidement le pas, elles aussi, en tant qu’attrait touristique. En effet, « l’arrivée massive de skieurs métamorphose cet espace, autrefois dominé par la présence de fermes modestes et de moulins à scie entourant des villages tranquilles, qui devient la plus recherchée des aires de récréation hivernale d’Amérique du Nord. » (Laurin, 2000 dans Goossens, 2004). Les années 30 donneront naissance à une ère sans précédent de construction d’hôtels, dont le Mont-Tremblant Lodge (1939). À la même époque un Américain, Joe Ryan, crée la station de ski Mont-Tremblant. De son côté, le Parc de la montagne Tremblante, ouvert au public en 1957 avec l’ouverture du premier camping au lac Chat, devient le « parc provincial du Mont-Tremblant ».

Après avoir été le fief des entreprises forestières pendant près d’un siècle, le parc devient officiellement, à l’été 1981, une zone de récréation protégée. En 1986, la Corporation des gares des Laurentides lance le projet de réutilisation de l’emprise ferroviaire pour créer le parc linéaire « Le P’tit train du Nord », de Saint-Jérôme à Mont-Laurier. Entre-temps, la forte tenure privée du territoire, combinée aux qualités visuelles du milieu naturel, favorise l’émergence et l’essor de la villégiature privée ou commerciale, se développant particulièrement en bordure des plans d’eau et sur les versants des collines.

En 1991, la compagnie immobilière Intrawest devient propriétaire de la station de Mont-Tremblant et investit près d’un milliard de dollars pour compléter les phases I et II des investissements projetés sur quatre phases. La station, de renommée internationale, a propulsé la région de Mont-Tremblant dans une ère de développement récréotouristique sans précédent. En 2003, le village de la station Mont-Tremblant (SMT) attire 2,3 millions de visiteurs par année. Selon le plan directeur 2000-2010 de SMT, l’achèvement des phases III et IV permettra une croissance de l’achalandage, atteignant annuellement 7,5 millions de visiteurs. En 1998, le parc de Mont-Tremblant change de statut et devient « parc de conservation » (FAPAQ, 2000).

Encadré 1.2.1 Historique des activités sylvicoles sur le territoire du Parc national du Mont-Tremblant

À cause de son relief accidenté et de son accès difficile, le territoire du parc n’a pas été soumis à la colonisation, mais plutôt à une exploitation forestière qui a débuté dès les années 1860 pour se poursuivre jusqu’en 1991. Dès 1893, des concessions forestières sont exploitées autour du lac Monroe (Soucy, 1995).  Les forêts de la vallée de la rivière du Diable ont fait l’objet de coupe de bois afin d’alimenter l’industrie navale de l’Angleterre, les chantiers de construction aux États-Unis et, à compter de 1912, les usines de pâte à papier du Québec.  De 1912 à 1921, les chantiers de bûcherons continuent leur progression vers les têtes d’eau de la rivière du Diable (Soucy, 1995).

Pour optimiser le transport du bois, dès 1918, la compagnie forestière Riordon endigue la rivière du Diable à plusieurs endroits (lac Escalier, lac Monroe). Elle aménage des barrages à la décharge des principaux lacs de têtes (du Diable, aux Mocassins, des Sables, Savane et Rossi), créant ainsi de nouvelles réserves d’eau servant au flottage du bois. De 1918 à 1937, la rivière du Diable ainsi que ses principaux tributaires (les rivières Cachée et Le Boulé) servent à la drave printanière. En 1925, pour répondre aux importants besoins en pulpe, la C.I.P. se porte acquéreur de la totalité des concessions des terres publiques situées dans le parc du Mont-Tremblant. À partir de 1937, dépouillées de leurs résineux, les forêts du parc du mont-Tremblant seront exploitées pour leurs feuillus. De 1970 à 1982, la demande croissante de matière ligneuse et la modernisation de l’équipement forestier contribuent à déboiser la quasi totalité du territoire public de la vallée de la rivière du Diable (Béchard et al., 1983).

En 1980, le gouvernement révoque les concessions forestières dans le parc du Mont-Tremblant devenant officiellement, à l’été 1981, une zone de récréation protégée, ouverte au public. L’exploitation forestière est désormais interdite dans l’ensemble du parc, à l’exception d’une zone d’affectation différée, bénéficiant d’un sursis de dix ans, octroyée à cause d’une maladie (tordeuse de bourgeons) s’attaquant aux essences forestières (FAPAQ, 2000).

Références :

BÉCHARD Madeleine, J. KELEGER, N. LAUZON et F. SYLVESTRE. 1983. À la découverte de la Diable, Guide synthèse. 225 p.

FAPAQ. 2000. Plan directeur. Parc du Mont-Tremblant. Direction de la planification et du développement des parcs québécois. En ligne. 53 p.
http://www.fapaq.gouv.qc.ca/fr/consultation/mont_tremblant/plandir_Tremblant.pdf

GOOSSENS, Alexandre. 2004. Diagnostic territorial de la municipalité Ville de Mont-Tremblant par l’étude de la déforestation en termes de développement de la villégiature et du récréotourisme. Mémoire de maîtrise, Communauté française de Belgique, Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux. 91 p.

SOUCY, Danielle. 1995. La vallée de la Diable. De la hache aux canons à neige. Éd. Du Peuplier, 2e éd., 223 p.

STATION Mont-Tremblant. Plan directeur 2000-2010 de la Station Mont- Tremblant.

© 2010 AGIR, tous droits réservés