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Des efforts énormes ont été déployés au cours des dernières années à travers le Québec dans le but d’accroître le taux d’assainissement des eaux usées municipales. Les programmes gouvernementaux tels que le Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ, 1978-1994) et son successeur, le Programme d’assainissement des eaux municipales (PADEM, 1995-2000) ont beaucoup contribué à l'amélioration de la qualité de l'eau de plusieurs rivières, dont la rivière du Diable, principal cours d’eau récepteur de la région. Toutefois, la gestion des eaux usées restera un important défi pour les années à venir. En effet, devant l’importante croissance démographique projetée, la rivière du Diable devra diluer des volumes accrus d’eaux usées traitées, tout en continuant de satisfaire de nombreux usages, situés en aval.
Cette section du portrait présente, dans un premier temps, les caractéristiques propres aux stations d’épuration situées à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable. Il est ensuite question des installations sanitaires des résidences isolées, de leur performance et du suivi dont elles font l’objet.
On compte actuellement cinq stations d’épuration à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable, dont quatre déversent directement leurs rejets d’eaux usées traitées dans la rivière du Diable. Ces quatre dernières, toutes situées à moins d’une quarantaine de kilomètres de rive l’une de l’autre, rejettent ensemble en moyenne 7 500 m3 d’eaux traitées par jour. La cinquième station, desservant la municipalité de Saint-Faustin-Lac-Carré, en rejette, quant à elle, 771 m3 dans le ruisseau Noir, un tributaire de la rivière du Diable. Considérée désuète, la station d’épuration à biodisques desservant le secteur du Village Pinoteau, à Mont-Tremblant (et dont les effluents ont été rejetés dans la rivière Cachée), à été fermée en 2004, après 18 ans d’opération.
La population desservie par l’ensemble des stations actuelles est évaluée à plus de 10 000 résidants, soit 46 % de la population totale du bassin versant. Les stations d’épuration sont toutes sous gestion municipale, à l’exception de celle de Gray Rocks, dont la gestion est privée. Le tableau 3.3.1 présente les principales caractéristiques de ces stations.
Tableau 3.3.1 : Caractéristiques des stations d’épuration du bassin versant de la rivière du Diable en 2006
| Stations | Année de mise en service | Population desservie en 2006 |
Débit de conception (m3/j)(2) | Débit moyen rejeté en 2005 (m3/j) | Hausse prévue des rejets d'ici 2021 (3) | Milieu récepteur |
| Mont-Tremblant centre-ville |
2004 (1) | 5 000 | 5 660 | 3 530 | 60 % | Riv. du Diable |
| Mont-Tremblant Village |
1999 | 1 500 | 1 600 | 1 149 | 190 % | Riv. du Diable |
| Mont-Tremblant Station |
1999 | 2 500 | 4 425 | 2 750 | 135 % | Riv. du Diable |
| Saint-Faustin- Lac-Carré |
1998 | 1 200 | 1 200 | 771 | n.a. | Ruisseau Noir |
| Gray Rocks | 1972 | n.d. | 256 | 150 | 230 % | Riv. du Diable |
| Total | s.o. | 10 200 | s.o. | 8 350 | 160 % | s.o. |
Source : MAMR (SOMAE, 2006)
Le traitement par étangs aérés constitue la principale forme de traitement utilisé par les stations d’épuration du bassin versant. Cette méthode consiste à maintenir les eaux usées prétraitées dans des bassins de faible profondeur où l'action des processus biologiques et du rayonnement solaire réduit la contamination des eaux usées avant leur rejet dans les cours d'eau récepteurs. Une seule station utilise une technologie différente, soit la station de Mont-Tremblant centre-ville, puisqu’elle a recours à un traitement de type « boues activées ».
L’importante croissance de la population et de l’achalandage touristique prévue pour la région dans les années à venir sera nécessairement accompagnée de hausses importantes des débits rejetés. Dans l’ensemble, on prévoit une hausse de plus de 150 % des débits rejetés sur un horizon d’environ 15 ans (SNC-Lavalin, 2004). Afin de subvenir à ces hausses prévues, la réfection de l’usine Mont-Tremblant centre-ville (effectuée en 2004) permettra de desservir environ 9 000 personnes sur un horizon de 10 ans. Par ailleurs, une nouvelle station d’épuration avec rejets à la rivière du Diable devrait accompagner, dans un avenir rapproché, le développement du Camp nord de Station Mont Tremblant.
Tableau 3.3.2 Type de traitement et performance des stations d’épuration du bassin versant de la rivière du Diable, en 2005.
| Stations | Type de traitement (1) |
DBO5 Moyenne annuelle (2005) |
MES Moyenne annuelle (2005) |
Phosphore total Moyenne annuelle (2005) |
|||
| Rejets résiduels (kg/j)(2) | Taux de réduction (%) |
Rejets résiduels (kg/j) (2) | Taux de réduction (%) |
Rejets résiduels (kg/j) (2) | Taux de réduction (%) |
||
| Mont- Tremblant Centre-ville |
BA | 36,9 | 95 | 81,9 | 86 | 2,12 | 83 |
| Mont- Tremblant Village |
EA | 9,8 | 94 | 16,3 | 91 | 0,49 | 89 |
| Mont- Tremblant Station |
EA | 23,3 | 94 | 38 | 90 | 1,52 | 82 |
| Saint-Faustin -Lac-Carré |
EA | 7 | 92 | 7,3 | 92 | 1,02 | 65 |
| Gray Rocks | EA | n.a. | n.a. | n.a. | n.a. | n.a. | n.a. |
| Total: 5 stations |
n.a. | 77 | 94 | 143,5 | 88,4 | 5,15 | 82 |
Source: MAMR (SOMAE, 2005)
Le MAMR évalue également la performance des ouvrages de surverse, aussi appelé « trop pleins ». Il s’agit de points situés sur le parcours d’un réseau d’égout où les débordements sont susceptibles d’avoir lieu et de libérer dans l’environnement des eaux usées non traitées. Les débordements sont principalement provoqués par les conditions climatiques (fonte des neiges, fortes pluies, inondations, etc.), mais peuvent également résulter de problèmes techniques (bris de pompe, panne électrique, obstruction de réseaux, etc.). Lorsqu’ils sont fréquents, ces débordements risquent d’avoir des répercussions néfastes sur les cours d’eau environnants et de compromettre ainsi les gains environnementaux obtenus grâce aux efforts investis dans l’assainissement (MAMR, 2000). À l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable, seuls les réseaux d’égout des secteurs de Mont-Tremblant Village (2 ouvrages) et centre-ville (9 ouvrages), à Mont-Tremblant, sont dotés de tels ouvrages de surverse. Malgré près de 100 débordements en 2005, majoritairement causés par la pluie et des urgences, ces réseaux respectent les exigences gouvernementales (SOMAE, 2005).
La conformité, le bon fonctionnement et l’entretien régulier des installations desservant les résidences isolées, surtout celles en bordure des lacs et des cours d’eau, sont essentiels pour le maintien de la qualité des eaux environnantes. En effet, une installation septique mal entretenue est susceptible de laisser migrer plusieurs contaminants, dont notamment des phosphates. La multiplication des résidences en bordure des plans d’eau peut accroître les apports en phosphates vers les lacs, surtout si la rive a perdu ses attributs de filtre naturel (Del Degan, 2003).
Plus de la moitié de la population du bassin versant est desservie par des installations d’épuration des eaux usées individuelles (puisards, fosses septiques, champs d’épuration, etc.). Celles-ci sont réparties sur l’ensemble du bassin versant, en dehors des secteurs urbains et villageois de Mont-Tremblant et de Saint-Faustin-Lac-Carré.
Suivi et performanceLes municipalités jouent également un rôle important dans le suivi de la performance. Depuis quelques années, toutes les municipalités du bassin versant effectuent un suivi plus ou moins détaillé des vidanges et de la conformité des installations résidentielles. La plupart effectuent des visites d’inspection des installations septiques isolées riveraines et tiennent à jour une base de données sur celles-ci. Elles exigent depuis peu la réception d’une copie des factures de vidanges. On évalue que de 10 à 25 % des installations septiques seraient en mauvais état de fonctionnement, surtout en raison d’une non-conformité aux nouvelles normes (Beaulieu, Campeau, Mossaoui et Léonard, 2006).
MINISTÈRE DES AFFAIRES MUNICIPALES ET DES RÉGIONS – MAMR (2000). Suivi des ouvrages municipaux d'assainissement des eaux (SOMAE). PROGRAMME DE SUIVI DES OUVRAGES DE SURVERSE. Direction des infrastructures.
MINISTÈRE DES AFFAIRES MUNICIPALES ET DES RÉGIONS – MAMR (2006). Évaluation de la performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux pour l’année 2005. Direction des infrastructures.
Ministère du Développement durable, de l’environnement et des parcs – MDDEP. En ligne : http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/eaux-usees/municipal.htm
MRC DES LAURENTIDES (2000). Schéma d’aménagement révisé.
SNC-LAVALIN Environnement (2004). Évaluation environnementale de la rivière du Diable. Rapport final préparé pour la Ville de Mont-Tremblant, 92 p.
Communications personnelles :
BEAUCHAMP, M., MDDEP, communication personnelle, décembre 2006.
BEAULIEU, F., inspecteur municipal adjoint, Val-des-Lacs, communication personnelle, août 2006.
CAMPEAU, J., urbaniste, Saint-Faustin-Lac-Carré, communication personnelle, juillet 2006.
LÉONARD, S., responsable de l’environnement, Ville de Mont-Tremblant, communication personnelle, octobre 2006.
MOSSAOUI, O., urbaniste, Lac-Supérieur, communication personnelle, octobre 2006.