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3.9 La foresterie


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LES FAITS SAILLANTS

dot Les forêts couvrent 80% de la superficie du bassin versant de la rivière du Diable. L’activité forestière reste cependant peut présente sur le territoire puisque les vocations principales de ces forêts sont la conservation, la récréation et la villégiature ;

dot L’exploitation forestière sur terres publiques est permise sur 100km2 du bassin versant (hors Parc national du Mont-Tremblant), dont 8km2 de lots intramunicipaux. Sur terres privées, plusieurs aménagements  forestiers sont autorisés chaque année à Lac-Supérieur, Val-des-Lacs et, dans une moindre mesure, à Mont-Tremblant ;

dot En vertu de la Loi sur les forêts et du Règlement sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine de l'État (RNI), le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) administre les activités sylvicoles en terres publiques tandis que les MRC gèrent les lots publics intramunicipaux. Les municipalités, quant à elles, encadrent la gestion des forêts privées par l’attribution de permis de coupe ;

dot Les principales sources d’impacts de la foresterie sur le réseau hydrique et la qualité de l’eau sont le déboisement et la création de chemins forestiers. Ces deux activités engendrent une érosion importante.

 

3.9 La foresterie

Les activités forestières ont jadis été très importantes pour l’économie de la région, s’étendant sur tout le territoire du bassin versant de la rivière du Diable. Aujourd’hui, les 80 % du bassin versant recouverts de forêt sont davantage voués à la conservation, la récréation et la villégiature qu’à l’exploitation sylvicole. La coupe commerciale dans le Parc national du Mont-Tremblant ayant pris fin en 1990, l’exploitation de la forêt est maintenant pratiquée davantage en terres privées. Après un bref rappel des impacts sur l’eau associés à la foresterie, la section qui suit fait état des activités sylvicoles en terres publiques et privées. La localisation des activités passées et prévues, le type d’encadrement et les problématiques environnementales observées y sont présentés.

Les impacts des activités forestières sur l’eau 

Les forêts sont une importante composante du cycle hydrologique et leur disparition entraîne inévitablement une perturbation de celui-ci. Le déboisement et la création des chemins forestiers sont les principales activités associées à la foresterie entraînant les impacts les plus significatifs sur le réseau hydrique et sur la qualité de l’eau. D’une part, la diminution du couvert forestier engendre généralement une réduction de la perméabilité des sols et de l’infiltration de l’eau. Les écoulements en surface (ruissellement) sont amplifiés, ce qui favorise l’érosion des sols, l’apport de sédiments et de débris organiques vers les cours d’eau, tout en accentuant les risques d’inondation en aval. D’autre part, la multiplication des chemins forestiers, rarement accompagnés de mesures de contrôle de l’érosion, constitue une importante source de sédiments et de matières en suspension dans l’eau, contribuant ainsi à l’augmentation de la turbidité de l’eau et à la détérioration des habitats aquatiques.

Activités en terres publiques

À l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable, les activités sylvicoles sont aujourd’hui permises sur près de 100 km2 de terres publiques sises à l’extérieur des limites du parc du Mont-Tremblant, dont 8 km2 de lots intramunicipaux. Ces activités sont pratiquées principalement dans le secteur des lacs Joly (Labelle) et Caché (La Macaza), ainsi que dans les sous-bassins des rivières Le Boulé et Archambault, à Val-des-Lacs.

Les terres publiques sont divisées en unités de gestion (UG), elles-mêmes subdivisées en unités d’aménagement forestier (UAF). Le bassin versant de la rivière du Diable est couvert par les UAF 61-51, 61-52 et 62-52. Au cours des douze dernières années, quelques secteurs situés à Val-des-Lacs et à Lac-Supérieur (UAF 61-51) ont fait l’objet de travaux sylvicoles ou de coupes (Roche, 2003). Pour les années à venir, des coupes sont prévues dans les municipalités de Val-des-Lacs et de Mont-Tremblant. Au total, la superficie touchée représentera moins de 4 % de la portion du bassin versant de la rivière du Diable en dehors du parc du Mont-Tremblant (Roche, 2003).

Des coupes partielles et de jardinage sont également prévues autour des lacs Tremblant et Bibitte (UAF 61-52). Toutefois, en raison des contraintes du terrain et de l’opposition des villégiateurs concernés, aucune coupe ou travaux sylvicoles n’ont été réalisés au cours des dernières années dans ce secteur (Del Degan et
al
., 2003).

Encadrement des activités
En vertu de la Loi sur les forêts et du Règlement sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine de l'État (RNI), le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) administre les activités sylvicoles en terres publiques tandis que les MRC gèrent les lots publics intramunicipaux.

L’exploitation au sein d’une unité d’aménagement forestier (UAF) se fait par l’attribution d’un contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF), entente autorisant le producteur à récolter un certain volume de bois en regard de la politique de rendement soutenu. Les exploitants doivent préalablement présenter un plan général d’aménagement forestier (PGAF), s’échelonnant sur 25 ans, renouvelable aux cinq ans et soumis à des consultations publiques. Tombant à échéance en 2005, les PGAF affectant le bassin versant de la rivière du Diable ont toutefois été prolongés de trois ans afin de permettre de nouveaux calculs de possibilités pour la période 2008-2013 et de respecter les réductions de la possibilité forestière résineuse de 20 %, tel que récemment prescrit par la loi 71.

Le MNRF privilégie les traitements sylvicoles favorisant la régénération naturelle, afin d’éviter le recours au reboisement. Le suivi de la régénération naturelle permet de constater que celle-ci est bien installée dans les unités affectées du bassin versant et que, très probablement, aucun reboisement ne sera nécessaire. Notons par ailleurs qu’aucun usage d’engrais ou de pesticides n’est fait dans les forêts publiques de la région.

Problématiques observées
Selon l’évaluation du MRNF, les dispositions du Règlement sur les normes d’intervention (RNI) seraient respectées dans une large mesure pour les activités en terres publiques de la région. Les normes relatives aux traverses de cours d’eau seraient toutefois occasionnellement violées (Séguin, 2006). La topographie accidentée du territoire complique par ailleurs la construction et l’entretien des chemins : des efforts supplémentaires sont exigés aux exploitants afin de prévenir et de contrôler l’érosion et le transport de sédiments.

Le passé forestier du Parc national du Mont-Tremblant

Jadis, le fief des exploitants forestiers, le territoire du Parc national du Mont-Tremblant, a été presque entièrement rasé. Le statut de parc de récréation, obtenu en 1981, engendra la fin de la majorité (70 %) des activités de coupes. Toutefois, ce n’est qu’en 1990 que l’exploitation forestière y prend définitivement fin. 

Il semble qu ’au nord du parc, soit à la tête du bassin versant de la rivière du Diable, le déboisement ait été assez sévère et que les bandes riveraines aient été laissées en piètre état à plusieurs endroits. La forêt dans ce secteur est jeune et en régénération, et il est possible que ce type de peuplement offre une moins bonne protection contre l’érosion. Le parc est en outre traversé par un réseau de chemins forestiers assez dense, dont 50 % est maintenant reboisé. L’impact sur la qualité de l’eau de ces traces d’un passé forestier n’a pas été évalué (V. Langlois, 2006).

Activités en terres privées

Chaque année, plusieurs aménagements forestiers sont autorisés en terres privées à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable, principalement à Lac-Supérieur, à Val-des-Lacs et, dans une moindre mesure, à Mont-Tremblant. Les activités sylvicoles en forêt privée incluent la coupe commerciale, la production de bois de chauffage, la production de sapins de Noël et l’acériculture. Aucune comptabilisation des superficies et des types de coupes pratiquées n’est effectuée (Moussaoui, 2006 ;  Brideau, 2006).

Encadrement et suivi
Les municipalités encadrent la gestion des forêts privées par l’attribution de permis de coupe. En conformité avec le schéma d’aménagement de leur MRC respective, les règlements municipaux doivent assurer la protection des milieux écologiquement sensibles, tels que les milieux humides, les bandes riveraines et les habitats fauniques. Toutefois, le manque de personnel formé en foresterie fait en sorte qu’il est souvent difficile d’assurer le respect des permis émis. Afin de pallier à cette difficulté, la MRC des Laurentides prévoit conduire un programme de contrôle de qualité des coupes et harmoniser les règlements municipaux d’abattage d’arbres à partir de janvier 2008 (Séguin, 2006).

Problématiques observées
Ici, encore une fois, les aménagements inadéquats de chemins forestiers apparaissent comme la principale source d’impacts associés aux activités forestières en terres privées, pouvant affecter la ressource « eau ». Les cours d’eau sont souvent traversés sans que les précautions nécessaires n’aient été prises (ARMVFP). L’érosion qui en résulte contribue à la dégradation de la qualité de l’eau et des habitats aquatiques. Le peu de contrôle exercé sur le terrain fait en sorte que l’adoption de bonnes pratiques forestières repose en grande partie sur la conscience, l’information et la volonté des propriétaires exploitants. 

Références 

AGENCE RÉGIONALE DE MISE EN VALEUR DES FORETS PRIVÉES DES LAURENTIDES. 2001. Plan de protection et de mise en valeur. Forêts privées des Laurentides. Tome 1. En ligne. 314p.

AGENCE RÉGIONALE DE MISE EN VALEUR DES FORETS PRIVÉES DES LAURENTIDES. Sd. En ligne. Consulté en 2006.

BOURGEOIS L., D. KNEESHAW et G. BOISSEAU. 2005. Les routes forestières au Québec: les impacts environnementaux, sociaux et économiques. Vertigo 6 (2). En ligne. http://www.vertigo.uqam.ca/vol6no2/art16vol6no2/laurence_bourgeois.html

BRIDEAU, Donald. 2006. Communication personnelle. Inspecteur municipal adjoint, Val-des-Lacs.

DEL DEGAN, MASSÉ et ASS. 2003. Plan directeur en environnement de la Ville de Mont-Tremblant. Tomes 1 et 2. Ville de Mont-Tremblant, 328 p.

FORGET, G. 2006. Communication personnelle. Claude Forget Inc.

LANGLOIS, Charles V.. 2006. Communication personnelle. Service de la conservation, Parc national du Mont-Tremblant.

MATHIEU, Pierre. 2002.  Portrait des usines de transformation du bois, MRC des Laurentides. En ligne. 32p. <http://www.cldlaurentides.org/aspupload/portbois.pdf>

MOUSSAOUI, Omar. 2006. Communication personnelle. Service de l’urbanisme, Lac-Supérieur.

MRC DES LAURENTIDES. 2004.  Plan de gestion multiressources des terres publiques intramunicipales.  Service de planification du territoire, 79p.

MRC DES LAURENTIDES. 2005. Stratégie de développement durable. Service de géomatique.

MRNF. 2004. Portrait forestier de la région de Montréal (Montréal, Laval, Lanaudière, Laurentides et Montérégie). Direction régionale de Montréal. 88p.

MRNF. Sd. En ligne. Consulté en 2006.

POULIN, Frédérick. 2006. Communication personnelle. MRC des Laurentides.

ROCHE. 2003. Projets de développement du versant soleil et du camp nord. Évaluation environnementale. 592p.

SÉGUIN, Gilles. 2006. Communication personnelle. Service de planification du territoire, MRC des Laurentides.

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