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2.2 Les eaux souterraines


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LES FAITS SAILLANTS

dot L’eau souterraine est omniprésente dans le sous-sol. Elle y remplie les interstices entre les particules du sol ou encore les crevasses et les fissures du roc.

dot Une relation étroite existe entre les eaux de surface et les eaux souterraines. Les eaux de surface rechargent les réserves souterraines en période de crue, alors qu’en période sèche, l’eau souterraine contribue au maintien du niveau des lacs et aux débits de base des cours d’eau.

dot Près de la moitié des résidents du bassin versant de la rivière du Diable s’approvisionnement à partir des réserves souterraines.

dot L’eau souterraine du bassin versant de la Diable demeure toutefois une ressource méconnue. Aucune cartographie n’existe à l’échelle de ce territoire.

dot Naturellement filtrée par le sol, l’eau souterraine est le plus souvent de bonne qualité. Celle-ci demeure cependant une ressource fragile et plusieurs sources de contamination peuvent engendrer sa détérioration.

2.2 Les eaux souterraines

Partie intégrante du réseau hydrographique de la rivière du Diable, les eaux souterraines se retrouvent inégalement réparties à travers son bassin versant. Généralement de grande qualité, elles approvisionnent en eau potable la moitié des résidents du bassin versant. Toutefois, comme c’est le cas pour la plupart des régions du Québec, les eaux souterraines du bassin de la rivière du Diable sont une ressource méconnue. Après avoir défini ce que sont les eaux souterraines et brièvement rappelé leur importance au sein du cycle de l’eau, cette partie du portrait fait état des connaissances actuelles quant à leur répartition, leur potentiel et leur qualité à l’intérieur du bassin versant.

Qu’est-ce que l’eau souterraine ?

Contrairement aux eaux de surface confinées à quelques canaux (les cours d’eau) et dépressions (les lacs), l’eau souterraine est omniprésente dans le sous-sol. Elle y remplit les interstices entre les particules du sol ou encore les crevasses et les fissures du roc. La formation de nappes d’eau souterraines ou « nappes phréatiques » résulte de l’accumulation d’eau infiltrée depuis la surface du sol suite, par exemple, à un épisode de pluie. L’accumulation de réserves souterraines se produit alors que l’eau ainsi infiltrée rencontre une couche géologique imperméable. La figure 2.2.1 illustre les différents types de nappes souterraines et d’ouvrages de captage.

Figure 2.2.1  L’eau souterraine et les différents ouvrages de captage.

L'eau souterraine et les différents ouvrages de captage

Source : Site Web d’Environnement Canada, 2006

La définition des principaux termes techniques utilisés pour décrire les réserves d’eau souterraines est, quant à elle, présentée à l’annexe 2.2.

Importance des eaux souterraines dans la recharge des lacs, des cours d’eau et des milieux humides

L’eau circule sous la surface du sol. Comme l'eau de surface, mais à des débits beaucoup plus lents, elle s'écoule de l’amont vers l’aval pour ultimement rejoindre les cours d'eau et les lacs. L’émergence de l'eau souterraine peut contribuer considérablement au maintien des débits de base d’un cours d’eau ou du niveau de l’eau d’un lac. Durant les périodes sèches, certains cours d'eau et milieux humides peuvent être entièrement alimentés par l'eau souterraine. À l’inverse, en période de précipitations abondantes et de crue, ce sont généralement les eaux de surface qui alimentent les eaux souterraines. Ainsi, l’eau souterraine est étroitement liée aux eaux de surface et est une composante importante du cycle global de l’eau (Cosandey, 2003).

Connaissances actuelles sur la répartition et le potentiel des eaux souterraines

Comme c’est le cas pour la plupart des régions du Québec, les eaux souterraines du bassin versant de la rivière du Diable sont une ressource méconnue. Aucune cartographie n’existe actuellement à l’échelle de ce territoire. Dans la partie centrale du bassin versant, la prédominance de massifs rocheux comportant peu de failles, de sols minces et de fortes pentes fait en sorte que la probabilité de trouver d’importantes réserves d’eau souterraines y est fortement réduite. Les aquifères y sont généralement de type rocheux et de faible potentiel.

Cela dit, on trouve des sols plus propices à l’accumulation souterraine et à la formation de nappes libres (sols de la série Saint-Gabriel) dans certains secteurs, dont notamment en bordure des lacs Calvé et Ouimet, le long des ruisseaux Cross, Clair et Noir ainsi qu’au sud de la route 117. Il est probable que des aquifères sont présents dans ce type de sol (Del Degan, Massé et ass., 2003).

Les connaissances actuelles sur les eaux souterraines du bassin versant sont parcellaires et découlent d’études hydrogéologiques commandées par les municipalités ou des entreprises privées. Ces études visent le plus souvent à évaluer le potentiel de captation afin de satisfaire des besoins précis, principalement l’alimentation en eau potable. Mentionnons, entre autres, les études conduites pour les secteurs du lac Carré (COGEMAT, 2003), du Versant Soleil (Roche, 2003) et du Camp Nord (SNC-Lavalin, 2004).

Réalisée en 2003 pour la municipalité de Saint-Faustin-Lac-Carré, l’étude de la firme COGEMAT indique qu’une nappe d’eau souterraine volumineuse se situe au nord-ouest de la municipalité, sous les sites de la scierie Claude Forget inc., de la bétonnière Lafarge, de la sablière exploitée par R.B. Gauthier ainsi que sous la route 117. Cette nappe s’écoulerait lentement vers le lac Carré, qui en serait en fait l’affleurement. Le potentiel de cette réserve souterraine est jugé considérable, bien que son volume exact demeure inconnu  (COGEMAT, 2003). Mentionnons que l’aqueduc municipal de Saint-Faustin-Lac-Carré s’alimente à partir de cet important aquifère (Campeau, 2006). La présence d’une sablière, d’une bétonnière et d’une usine de sciage de bois au-dessus de cette nappe souterraine fait en sorte qu’un indice DRASTIC de 107 lui a été attribué, ce qui dénote un certain degré de vulnérabilité.

Quant aux secteurs du Versant Soleil et du Camp Nord de Station Mont-Tremblant, on y indique la présence d’aquifères de types libres et confinés, présentant dans tous les cas de faibles potentiels pour l’approvisionnement en eau potable (Roche, 2003; SNC-Lavalin, 2004). La nappe souterraine du Camp Nord, alimentant directement les débits de la rivière du Diable située à proximité, serait par ailleurs d’une grande vulnérabilité, selon la méthode DRASTIC (SNC-Lavalin, 2004).

Qu’en est-il de la qualité des eaux souterraines ?

Naturellement filtrée par le sol, l’eau souterraine est le plus souvent de bonne qualité et exempte de micro-organismes pathogènes. Celle-ci demeure cependant une ressource fragile et plusieurs sources de contamination peuvent en affecter la qualité et la rendre impropre à toute fin. L’épandage et le stockage de sels de déglaçage (sels de voirie), les fuites de réservoirs d'essence, les débordements d’installations septiques et l’usage d’engrais et de pesticides sont quelques exemples de sources de contamination susceptibles d’affecter les eaux souterraines du bassin versant de la rivière du Diable. Étant donné la circulation lente de l’eau dans les aquifères et leur lien étroit avec les eaux de surface, la contamination de l’eau souterraine peut avoir des effets à très long terme et se propager dans les lacs et les cours d’eau. Sa décontamination s’avère le plus souvent extrêmement onéreuse ou pratiquement impossible.

Le MDDEP recommande aux propriétaires de puits individuels (desservant moins de 20 personnes) de faire analyser la qualité de l’eau puisée au moins deux fois par année. Les propriétaires de puits desservant plus de 21 personnes sont, quant à eux, responsables, en vertu du Règlement sur le captage des eaux souterraines (2002), de rapporter mensuellement au MDDEP la qualité bactériologique de l’eau puisée. Les autres paramètres physico-chimiques doivent être analysés au moins une fois par année.

L’analyse des données disponibles auprès du MDDEP sur la qualité de l’eau des puits enregistrés n’indique aucun problème majeur ou récurrent pour le territoire correspondant au bassin versant de la rivière du Diable (Savard, 2006). Rappelons toutefois que, dans les années 1980, le village de Saint-Jovite était approvisionné en eau potable à partir d’eaux souterraines et que, à cause de concentrations trop fortes en fer et en manganèse, cette source d’eau a dû être délaissée (Léonard, 2007).

Références :

CAMPEAU, Jocelyn. 2006. Communication personnelle. Service de l’urbanisme, Saint-Faustin-Lac-Carré.

COSANDEY, Claude et al. 2003. Les eaux courantes: Géographie et environnement. Édition Belin, Paris, 239 p.

DEL DEGAN, MASSÉ et ASS. 2003. Plan directeur en environnement de la Ville de Mont-Tremblant. Tomes 1 et 2. Ville de Mont-Tremblant, 328 p.

ENVIRONNEMENT CANADA. 2001. Rapport d’évaluation sur les sels de voirie. En ligne. http://www.ec.gc.ca/substances/ese/fre/pesip/final/roadsalts.cfm

ENVIRONNEMENT CANADA. Sd. En ligne. <www.ec.gc.ca>. Consulté en 2006.

LANDRY, Bruno et Michel MERCIER. 1992. Notions de géologie. Édition Modulo, Mont-Royal, 3e éd., 565 p.

LÉONARD, Serge. 2007. Communication personnelle. Service de l’environnement, ville de Mont-Tremblant.

MDDEP. Sd. L’eau au Québec : une ressource à protéger. En ligne. http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/inter.htm

ROCHE. 2003. Projets de développement du versant soleil et du camp nord. Évaluation environnementale. 592 p.

SAVARD, M. 2006. Communication personnelle. Technicien en eau, MDDEP-Laurentides.

SNC-LAVALIN ENVIRONNEMENT. 2004. Évaluation environnementale de la rivière du Diable. Rapport final. Ville de Mont-Tremblant. 92 p.

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