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3.6 Le rÉcrÉotourisme


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L’eau : matière première

La production de neige artificielle pour le ski, l’irrigation des terrains de golf et l’approvisionnement des commerces de restauration et d’hébergement représentent les principales formes de prélèvement d’eau à des fins commerciales à l’intérieur du bassin versant. Tel que présenté dans le tableau 3.6.2 ci-dessous, le lac Tremblant et la rivière du Diable sont les principales sources d’alimentation pour ces usages récréotouristiques de l’eau. Dans le cas du lac Tremblant, les prélèvements pour l’alimentation en eau potable ont préséance sur les usages commerciaux (Savard, 2006).

Tableau 3.6.2  Les principaux prélèvements d’eau à des fins commerciales récréotouristiques dans le bassin versant de la rivière du Diable en 2007.

 Usages  Sources Débit moyen prélevé  (m3/j) Capacité maximale (m3/j) Quantité
totale prélevée
(m3/an)
Prévision future
Production de neige (1er novembre au 1er mars)
Gray Rocks Lac Ouimet Inconnu 2 450 inconnue n.a.
Versant Sud et Versant Soleil Lac Tremblant 22 637 (1) 32 700 1 135 624 Expansion à prévoir
Camp Nord Riv. du Diable 4 150 77 760 (2) 400 000 Expansion à prévoir
Ski Mont-Blanc Lacs artificiels (eau de fonte) n.a. n.a. 21 000 à
26 000
n.a.
Irrigation des terrains de golf (de mai à septembre)
Les Ruisseaux Affluent du ruisseau Clair Non mesuré Non mesuré Non mesuré 0%
La Belle Lac Ouimet 850 2 450 100 000 à 330 000 0%
Le Géant Lac Tremblant 850 2 725 311 040 0%
La Bête Riv. du Diable 850 2 725 100 000 à 330 000 0%
Le Diable Riv. du Diable 850 2 725 100 000 à 330 000 0%
Le Manitou Riv. du Diable 850 2 725 100 000 à 330 000 0%
Le Maître Riv. du Diable 850 2 725 100 000 à 330 000 0%
  1. pour un total de 12 000 heures  (Ayotte, 2007).
  2. SMT a des droits pour 0,9 m³/s (Ayotte, 2007).

Sources : SNC-LAVALIN, 2004; Del Degan, 2003; Station Mont Tremblant, 2004 et 2005; Daniel Blais, Ski Mont-Blanc et Nathalie Renaud, Golf les Ruisseaux, 2007.

La production de neige artificielle
Les trois centres de ski du bassin versant produisent de la neige artificielle. Toutefois, seuls les prélèvements d’eau de Station Mont Tremblant sont contrôlés par le MDDEP et le MRNF en raison de la fragilité des milieux aquatiques dans lesquels ils sont puisés, soit le lac Tremblant et la rivière du Diable. Dans le cas du lac Tremblant, un maximum mensuel de prélèvement est fixé afin de garantir un débit minimum dans son exutoire, la rivière Cachée (Renaud, 2007).  Pour la prise d’eau du Camp Nord, Station Mont Tremblant a une obligation de maintenir le débit écologique de la rivière du Diable à cet endroit, évalué à 2,8 m3/s (SNC-LAVALIN, 2004). Pour cette prise d’eau, le débit maximum de prélèvement de 9 561 m3/j a été atteint en janvier 2005. Depuis 2004, la production de neige artificielle au Camp Nord n’a été interrompue qu’une seule fois due à un manque de disponibilité d’eau dans la rivière du Diable (Station Mont Tremblant, 2004, 2005 et 2006).

Les terrains de golf 
Sept terrains de golf ont été développés dans le bassin versant, dont six dans la vallée immédiate de la rivière du Diable, pour la plupart en zone inondable. Ils totalisent une superficie de 5 km2. Les terrains de golf sont illustrés par le type d’occupation « récréotouristique » sur la carte 1.3 Occupation actuelle et projetée du territoire. Excepté le golf La Belle, dont la prise d’eau est reliée au réseau de Gray Rocks, tous les golfs ont une prise d’eau indépendante. Cinq prélèvent dans la rivière du Diable. Pour sa part, le Golf Le Géant, riverain du lac Tremblant, est soumis aux limites maximales de prélèvement fixées par le MDDEP pour ce lac, tel que présenté au tableau 3.2.2 à l’annexe 3.2 (Savard, 2007).  Les volumes prélevés par les golfs sont présentés dans le tableau 3.6.2 ci-haut.

Les six terrains de golf sur le territoire de la Ville de Mont-Tremblant, concentrés sur une portion continue dans l’encadrement forestier de la rivière du Diable, épandent des pesticides et des fertilisants sur leurs terrains. Le regroupement des golfs de Mont-Tremblant a donc volontairement implanté en 2003 un programme de suivi des eaux de surface et souterraine dans l'objectif de détecter spécifiquement la présence dans l’eau de sous-produits de ces composés. Selon ce suivi, la Diable n’est pas contaminée par les pesticides, mais des traces de certains produits apparaissent dans l’eau des golfs, généralement en concentrations inférieures aux critères de qualité fixés (Strate Environnement, 2006).

La restauration
La majorité des restaurants sont desservis par un système d’aqueduc municipal. Sur les 52 restaurants et bars du secteur Mont-Tremblant centre-ville, munis d’un compteur d’eau, la moyenne de consommation de 2002 à 2005 est de 2 239 m3/an (Labrosse, 2007) pour un moyenne théorique de 125 litres/jour/par siège (MDDEP in Genivar, 2001). Elle varie vraisemblablement en fonction de l’achalandage touristique. La restauration se concentre sur le territoire de la ville de Mont-Tremblant où il y a 90 restaurants qui offrent plus de 12 000 places assises, tel que présenté dans le tableau 3.6.3 ci-dessous.

Tableau 3.6.3  La restauration dans la ville de Mont-Tremblant en 2005

Secteurs Nombre d'établissements Nombres de places assises Source d'eau (aqueduc) Consommation moyenne (m3/an)
centre de villégiature SMT 33 5 796 lac Tremblant n.d.
centre-ville 36 2 696 rivière du Diable 2 239
village 21 3 663 lac Tremblant n.d.
Total 90 12 155 n.a. n.a.

Sources: Office de tourisme de Mont-Tremblant, 2005 et Ville de Mont-Tremblant, Service des Travaux publics, 2006.

Pour sa part, la brasserie Saint-Arnould utilise l’eau souterraine comme matière première dans la préparation de ses bières.

L’hébergement
La portion habitée du bassin versant concentre une importante diversité d’établissements d’hébergement touristique, principalement sur les territoires de Mont-Tremblant, de Lac-Supérieur et autour du lac aux Quenouilles. Tel que présenté dans le tableau 3.6.4, plus de 120 établissements offrent près de 4 400 unités d’hébergement. Avec un taux d’occupation moyen de 33 %, ce sont principalement les hôtels et les résidences de tourisme qui sont achalandés. Les principales activités récréatives étant estivales ou hivernales, la fréquentation touristique du bassin versant se fait principalement aux mois de juillet et août ainsi que de décembre à mars. Le mois d’août étant le plus achalandé.

Tableau 3.6.4   La capacité d’hébergement dans le bassin versant de la rivière du Diable en 2005 (SFLC, Lac-Supérieur et Ville de Mont-Tremblant)

 Catégorie Nombre d’établissements Nombre
d’unités
Taux d’occupation
en 2005 (%) 1
Résidence de tourisme 55 816 33
Gîte 25 99 24
Hôtellerie 34 2 632 50
Auberge de jeunesse 2 111 30
Centre de vacances 5 700 24
Camping 3 530 50
Total / Moyenne 124 4 888 32

1 calculé pour tous les établissements de la MRC des Laurentides.
Sources : Office de tourisme de Mont-Tremblant, 2005, CLD des Laurentides, 2006 et CIST, 2006.

Près d’une soixantaine de ces établissements récréotouristiques  détiennent des ouvrages de captage des eaux souterraines et des installations septiques autonomes pouvant desservir jusqu’à 6 000 personnes (Allard, 2007). La plupart des grands hôtels et les villages touristiques de Station Mont Tremblant sont desservis par des réseaux d’aqueduc et d’égouts. Les huit établissements d’hébergement munis de compteurs d’eau dans le secteur de Mont-Tremblant centre-ville ont une consommation annuelle moyenne de 2 271 m3/an, variant entre 750 et 10 400 m3/an selon les établissements (Ville de Mont-Tremblant, 2006). La consommation moyenne théorique d’eau par personne par jour dans les hôtels et motels varie entre 225 et 180 l/j (MDDEP, 1998 in GENIVAR, 2001). Tous les commerces de Mont-Tremblant devraient être munis de compteurs d’eau d’ici 2008.

Les accommodations d’hébergement du parc national du Mont-Tremblant dans le bassin de la Diable se résument à 39 terrains de campings aménagés avec services (eau courante, fosses septiques), 232 terrains de camping aménagés sans services (installations sanitaires et poste de vidange pour caravanes), 416 terrains de campings rustiques (toilettes sèches), 5 terrains de camping de groupe (toilettes sèches), 2 chalets (eau courante, fosses septiques) et 9 refuges (toilettes sèches). Les fosses septiques et champs d’épuration des campings et chalets ont été refaits à neufs en 2006. 

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