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Rajeunis et modifiés par les coupes forestières, les feux et les épidémies des 150 dernières années, les peuplements forestiers couvrent actuellement 80 % du bassin versant de la rivière du Diable.
L'érablière à bouleau jaune couvre la majorité du bassin versant. Des sapinières sont toutefois abondantes au nord de ce territoire de même que sur les sommets du massif du Mont-Tremblant. On retrouve également l’érablière laurentienne, dominée par l’érable à sucre, en bordure de la rivière Cachée et à l’extrême sud de la vallée de la Diable.
Les forêts sont une importante composante du cycle de l’eau. Elles favorisent l’infiltration de l’eau dans le sol, réduisent l’érosion et tempèrent les débits de crue et d’étiage. Les habitats fauniques sont également intimement liés au pourcentage de recouvrement forestier dans un territoire donné.
Dans la majorité des cas, plus de 75 % du couvert forestier des différents sous-bassins a à ce jour été préservé. Les sous-bassins les plus déboisés sont ceux des lacs Maskinongé (21 % de déboisement) et Duhamel (27 %), du ruisseau Clair (22 %) ainsi que l’encadrement immédiat de la Diable (15 %).
Deux écosystèmes forestiers exceptionnels sont inventoriés à l’intérieur du bassin versant de la Diable. Le premier, une érablière à tilleul, est situé au nord du Mont-Tremblant. Le second est une chênaie rouge à érable à sucre et est localisé le long de la rivière du Diable, en bordure du chemin Duplessis.
Partie structurante du paysage du bassin versant de la rivière du Diable, le couvert forestier est également une composante essentielle du cycle hydrologique, contribuant à assurer la qualité de l’eau. Rajeunis et modifiés par les coupes forestières, les feux et les épidémies des 150 dernières années, les peuplements forestiers couvrent actuellement plus de 80 % du bassin versant de la rivière du Diable. À l’heure actuelle, le développement immobilier et la construction de chemins sont les deux principales causes de déboisement. Cette section du portrait présente les différents types de peuplements forestiers et leur répartition, leur état dans les principaux sous-bassins versants ainsi que les principales mesures de protection en vigueur.
Le milieu forestier du bassin versant de la rivière du Diable abrite des forêts mixtes (décidus et conifères), marquant la transition de la forêt décidue de la vallée du Saint-Laurent vers la forêt boréale.
Le domaine bioclimatique de l'érablière à bouleau jaune couvre la majorité du bassin, dans toute sa portion septentrionale. En effet, sur les sites mésiques, le bouleau jaune est l'une des principales essences compagnes de l'érable à sucre. Le hêtre à grandes feuilles, le chêne rouge et la pruche du Canada croissent aussi dans ce domaine, mais ils deviennent très rares au-delà de sa limite nordique. Ce domaine marque aussi la fin de l'aire de distribution du tilleul d'Amérique et de l'ostryer de Virginie. Ici, comme dans toute la sous-zone de la forêt décidue, le chablis est l'un des principaux éléments de la dynamique forestière.
En général, le milieu forestier dans le secteur des grands lacs à la tête du bassin versant (dans la portion septentrionale du parc du Mont-Tremblant) présente un caractère boréal : les sapinières et les pessières sont abondantes, mais on y retrouve l’érable à sucre, le bouleau jaune, le pin blanc et le pin rouge, qui sont à la limite nordique de leur aire de distribution.
Certaines particularités du relief et du climat du bassin de la rivière du Diable permettent la présence d’autres domaines bioclimatiques. Ainsi, la sapinière à bouleau blanc est présente sur les sommets du massif du Mont-Tremblant. Au fond de la vallée de la rivière Cachée et à l’extrême sud de la vallée de la rivière du Diable, on retrouve l’érablière laurentienne, dominée par l’érable à sucre accompagné du hêtre, de l’ostryer, du tilleul, du frêne et du noyer cendré (Béchard et al., 1983).
Évidemment, la végétation n’est pas entièrement uniforme à l’intérieur d’une même zone : les conditions du milieu s’éloignant de la moyenne engendreront autant de groupements végétaux différents. De plus, autant les feux (dont le feu notoire de 1902) et les épidémies que les coupes forestières et l’agriculture, pratiquées depuis plus de 150 ans, ont eu pour effet de changer et de rajeunir les forêts, contribuant ainsi à façonner la diversité de peuplements actuellement sur le territoire.
Les forêts sont une importante composante du cycle hydrologique. D’une part, le phénomène d’évapotranspiration, associé à la présence du couvert végétal et à l’activité biologique des végétaux, est responsable de la moitié des pertes d’eau vers l’atmosphère à l’échelle d’un bassin versant forestier (Cosandey, 2003). D’autre part, la protection du sol qu’offre le couvert forestier assure un taux élevé d’infiltration de l’eau dans le sol. Ainsi, la dégradation du couvert forestier favorise l’accroissement du ruissellement en surface, ayant pour conséquences l’intensification de l’érosion des sols et des débits de crue en cours d’eau. L’accentuation des étiages peut également résulter de la perte du couvert forestier, puisqu’une baisse de l’infiltration de l’eau dans le sol engendrera une diminution des apports souterrains essentiels au maintien de débits de base en période sèche.
Par ailleurs, les habitats fauniques terrestres et aquatiques sont intimement liés au pourcentage de recouvrement forestier dans un territoire donné (Biofilia, 2004). Rappelons à ce chapitre que l’encadrement forestier de la rivière du Diable sert de corridor de déplacement et d’aire de confinement au cerf de Virginie, abondant dans le secteur.
Selon les recherches réalisées, les processus écologiques d’un territoire deviendraient déficients lorsque plus de 50 à 60 % du territoire est déboisé (IWAP, 1995 in Biofilia, 2004).
Selon l’information fournie par la MRC des Laurentides et le Parc national du Mont-Tremblant, 82,5 % du bassin versant de la rivière du Diable est boisé, 13,5 % est déboisé et près de 4 % est semi-boisé (MRC des Laurentides, 2005). Les zones semi-boisées font référence aux terrains de golf, aux centres de ski ainsi qu’aux terrains de villégiature. Tel qu’illustré sur la carte 2.3 États du couvert forestier et du milieu riverain, on observe un déboisement progressif dans la portion sud du bassin versant dû au développement immobilier et à celui du réseau routier qui l’accompagne. Les sous-bassins les plus déboisés sont ceux des lacs Maskinongé (22 % déboisés) et Duhamel (29 % déboisés), du ruisseau Clair (23 % déboisés) ainsi que ceux du bassin immédiat de la rivière du Diable (15 % déboisés). L’important déboisement du bassin du lac Maskinongé contribue au processus d’eutrophisation de ce plan d’eau.
Les sous-bassins ayant conservé le maximum de leur couvert forestier sont ceux des tributaires plus en amont : les bassins des rivières Le Boulé (98 % boisés), Archambault (95 % boisés) et Cachée (portion aval) (91 % boisés). Les autres bassins se situent autour de la moyenne, ayant préservé au moins 72 % de leur couvert forestier. Le tableau 2.6.1 ci-dessous présente les superficies boisées et déboisées pour les onze principaux sous-bassins de la rivière du Diable étudiés dans le cadre de la Stratégie de Développement durable de la MRC des Laurentides en 2005, correspondant aux 565 km2 sud du bassin versant de la rivière du Diable (dont 440 km2 sont à l’extérieur des limites du Parc national du Mont-Tremblant).
Tableau 2.6.1 État du couvert forestier des principaux sous-bassins versants de la rivière du Diable.
| Sous-bassin versant | % de superficie boisée |
% de superficie déboisée |
| Sous-bassin de la rivière Le Boulé | 98 | 2 |
| Sous-bassin de la rivière Cachée (aval) | 91 | 6 |
| Sous-bassin de la rivière Archambault | 95 | 5 |
| Sous-bassin du ruisseau Noir | 85 | 15 |
| Sous-bassin du lac Ouimet | 85 | 11 |
| Sous-bassin des lacs Gélinas et Desmarais | 88 | 9 |
| Sous bassin de la rivière du Diable (aval) | 73 | 15 |
| Sous-bassin du lac Mercier | 88 | 12 |
| Sous-bassin du ruisseau Clair | 72 | 23 |
| Sous-bassin du lac Duhamel | 71 | 29 |
| Sous-bassin du lac Maskinongé | 62 | 22 |
| Moyenne pour le territoire d’étude | 82,5 | 13,5 |
Source : MRC des Laurentides, 2005.
Domaine Saint-Bernard
Le Domaine Saint-Bernard est un espace vert, dit « parc écotouristique communautaire », d'une superficie de 1 500 acres, préservé à perpétuité par la Fiducie du Domaine Saint-Bernard. En effet, la municipalité de Mont-Tremblant, avec l'appui de la population, a acquis ce domaine en 1999 et créé une fiducie d'utilité sociale dont le rôle est de protéger l'intégrité du territoire. Aucune coupe forestière n’y est permise.
Par un encadrement des activités récréotouristiques, forestières et de villégiature qui y sont permises, deux types d’affectations aux schémas d’aménagement des MRC des Laurentides, d’Antoine-Labelle et de Matawinie (telles qu’illustrées sur la carte 3.1 Les grandes affectations du territoire) assurent une certaine protection du couvert forestier sur plus de 70 % du bassin versant de la rivière du Diable.
Le schéma révisé de la MRC des Laurentides, par le biais d'une affectation de "récréation extensive", confirme le rôle principal de conservation auquel sont attribués le Parc national du Mont-Tremblant et le Domaine Saint-Bernard. Le secteur de la montagne Grise, à Val-des-Lacs et Lac-Supérieur, en continuité avec le parc du Mont-Tremblant et celui de la chute Archambault, situé à Lac-Supérieur, bénéficient également de l’affectation de récréation extensive. Au total, 65,5 % du bassin de la rivière du Diable est couvert par cette affectation. À l'exception du secteur du parc du Mont-Tremblant, faisant l'objet d'une entente pour l'exploitation d'un centre de ski, les usages et activités compatibles au schéma révisé doivent présenter un caractère extensif, la coupe forestière sur les terres publiques doit y être contrôlée avec parcimonie et le développement de chalets ou résidences, interdit (MRC des Laurentides, 2000).
En vertu de l'affectation « forestière et de conservation », le schéma révisé réserve de grandes étendues à vocation forestière, où la faible intensité d’occupation du sol autorisée et l'application éventuelle de prescriptions sur les coupes forestières en terres privées contribueront au maintien des habitats et des écosystèmes naturels. Cette affectation recouvre la presque totalité des aires de ravages de cerfs de Virginie reconnues par Faune Québec ainsi que d'importantes concentrations de milieux humides (MRC Laurentides, 2000). Au total, environ 7 % du bassin versant de la rivière du Diable est couvert par cette affectation.
Béchard, M. ; Keleger, J. ; Lauzon, N. et Sylvestre, F. (1983). À la découverte de la Diable, Guide synthèse. 225p.
Biofilia (2004). Programme de caractérisation de la Rivière du Diable. Rapport final Ville de Mont-Tremblant. 44p.
Chabot, M. : communication personnelle, septembre 2006. Service de la géomatique, MRC des Laurentides.
COSANDREY, C. et al.(2003). Les eaux courantes. Belin, Paris, 240p.
Del Degan, Massé et ass. (2003). Plan directeur en environnement de la Ville de Mont-Tremblant. Tomes 1 et 2.
FAPAQ (2000). Plan directeur. Parc du Mont-Tremblant. Direction de la planification et du développement des parcs québécois. 53p.
MRC des Laurentides (2000). Schéma d’aménagement révisé.
MRC des Laurentides (2005). Stratégie de développement durable.
MRNF – Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (2007): Répertoire des ÉFE. Carte des domaines bioclimatiques du Québec. Site Internet : www.mrnf.gouv.qc.ca
Tremblay, C. : communication personnelle, novembre 2006. Service de l’environnement. Station Mont Tremblant.
Vermette, V. : communication personnelle, juillet 2006. Service de la conservation, Parc national du Mont-Tremblant.