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En plus des secteurs d’activités abordés dans les sections précédentes, nombreuses sont les activités humaines à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable susceptibles d’affecter le milieu aquatique. Le texte qui suit complète les sections précédentes par un bref aperçu des quelques autres secteurs d’activités d’importance comportant des impacts potentiels sur les eaux de surface et souterraines : le développement immobilier et les activités de construction, les activités d’extraction, la gestion des boues de fosses septiques, l’usinage de béton et de ciment ainsi que la présence de sites contaminés.
Le développement immobilier, hôtelier et de villégiature, amorcé depuis les années 1930, connaît une croissance exceptionnelle à l’échelle du bassin versant de la rivière du Diable depuis les années 90. On prévoit que celui-ci se poursuivra de manière intensive au moins jusqu’en 2015 (MRC des Laurentides, 2005).
En 2006, dans la région de Mont-Tremblant, le développement résidentiel représentait 86 % des investissements immobiliers. Au total, ce secteur motive des investissements de 88 millions de dollars, dont 87,5 % pour de nouvelles constructions et 12,5 % pour des agrandissements et des rénovations. Cette tendance se maintient depuis au moins 1997 (CLD des Laurentides, 2002 et 2007). Selon l’inventaire des projets, maintenu par la MRC des Laurentides, entre 9 200 et 12 600 nouveaux logements (incluant les Versant Soleil et Camp Nord) sont projetés à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable entre 2005 et 2015 (Giroux, 2007). En effet, ce sont plus de 350 projets immobiliers, principalement de résidences unifamiliales non attenantes et de condominiums, qui ont été déposés auprès des municipalités du bassin versant. Plusieurs projets immobiliers d’envergure sont actuellement en cours de développement.
Telle que représentée sur la Carte 1.3 Occupation actuelle et projetée du territoire, la majorité des projets immobiliers en développement et prévus d’ici 2015 se concentre sur les derniers terrains riverains disponibles et les versants avoisinants. En effet, la nouvelle construction se réalise en majorité hors des périmètres d’urbanisation, sur des sites naturels, récréatifs ou panoramiques d’intérêt (MRC des Laurentides, 2000). Quoique plusieurs projets d’envergure se développent autour du lac Supérieur, la plupart sont prévus dans la vallée de la rivière du Diable, dans le secteur du Camp Nord, dans la portion de la vallée entre la confluence de la rivière Cachée et l’axe de la 117 ainsi que dans les bassins des lacs Tremblant, Mercier, Ouimet, Desmarais, Gélinas et Duhamel (MRC des Laurentides, 2005).
Par ailleurs, il est intéressant de noter que le secteur de la construction concentre près de 10 % des entreprises du bassin versant de la rivière du Diable : on y compte 75 entreprises de construction, dont 39 entrepreneurs généraux en construction et promoteurs immobiliers et 9 entrepreneurs en travaux d’excavation (CLD des Laurentides, 2004).
Des impacts significatifs
À l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable, le développement immobilier et le développement routier qu’il entraîne se retrouvent très souvent sur des sols minces de forte pente ou en milieu riverain. Ces zones étant particulièrement sensibles, les activités de construction immobilière et routière peuvent entraîner plusieurs impacts néfastes sur les milieux humides, riverains et aquatiques attenants. D’une part, la diminution du couvert forestier augmente généralement l’écoulement en surface et favorise à la fois l’érosion du sol et l’augmentation des apports de nutriments et d’autres contaminants vers les lacs et cours d’eau. D’autre part, à défaut de mesures d’atténuation adéquates, la construction de chemins et de ponceaux engendre elle aussi son lot d’érosion, accentuant du fait les apports en sédiments et nutriments vers le milieu aquatique.
Les impacts environnementaux engendrés par le développement immobilier varient toutefois selon la sensibilité naturelle du site, son niveau de développement actuel et le type de développement effectué. D’une part, les impacts sont proportionnels à la sensibilité naturelle (géomorphologique et biologique) du site. Par exemple, plus la pente du terrain est forte et plus le sol est mince, plus celui-ci est sensible à l’érosion. L’impact d’un développement immobilier varie également selon son empiètement sur une zone riveraine d’un milieu aquatique ou humide, sur des corridors fauniques, sur l’habitat d’espèces rares ou menacées et sur la fragilité des plans d’eau aux apports en phosphore, etc. D’autre part, les impacts environnementaux du développement immobilier sont proportionnels à la sensibilité du site découlant de son niveau actuel de développement : nombre d’habitations, taux de déboisement du couvert forestier riverain, niveau de développement du réseau routier, etc. Finalement, ces impacts varient selon le type de développement, le système de gestion des rejets d’eaux usées, le type d’aménagement paysager, la superficie du lot, le taux de déboisement, etc.
Les pressions environnementales actuelles découlant du développement immobilier se font sentir particulièrement sur la qualité de l’eau des lacs et rivières du bassin versant de la rivière du Diable, avec des variations entre les sous-bassins versants (Giroux, 2007). Par ailleurs, on estime que l’approvisionnement en eau et son traitement sont des enjeux dont l’ampleur est susceptible de gagner en importance au cours des prochaines années, au fur et à mesure que l’expansion immobilière se poursuivra (ADEC, 2003).
Encadrement actuel
Les municipalités du bassin versant ont recours à plusieurs dispositions réglementaires afin de limiter les impacts associés au développement immobilier. Parmi celles-ci, mentionnons :
Mentionnons également la Stratégie de développement durable actuellement en cours d’élaboration par la MRC des Laurentides. Un des grands objectifs de cette stratégie est la réduction des impacts du développement immobilier sur l’environnement naturel, notamment en orientant le développement vers les bassins versants moins sensibles, en adaptant les développements aux contraintes naturelles des sites (pente, épaisseur et type de sol), de même qu’en assurant un meilleur contrôle de l’érosion et une meilleure gestion des installations septiques isolées. Sur certains lots, la densification de l’immobilier permettrait de protéger les zones sensibles et les superficies boisées.
Les activités industrielles lourdes sont limitées dans le bassin versant de la rivière du Diable; toutefois, quelques industries et commerces dispersés sur le territoire représentent des sources potentielles de contamination des eaux de surface et souterraines.
Site de traitement des boues de fosses septiquesProduction de béton et de ciment
Deux usines de béton sont en activité à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable. L’une d’entre elles, opérée par Lafarge inc., est située à Saint-Faustin-Lac-Carré, en bordure de la route 117. Étant installée sur un sol perméable juste au-dessus de la nappe souterraine alimentant l’aqueduc de Saint-Faustin-Lac-Carré, les activités de l’usine peuvent avoir des incidences environnementales importantes. Lafarge inc. a procédé à l’installation de bassins de sédimentation afin de décanter les eaux ayant servi à la fabrication du béton.
La deuxième usine de béton est celle de Ciment St-Laurent inc., installée sur la montée Kavanah, à Mont-Tremblant. Cette usine possède pour sa part un système de traitement des eaux usées.
Sablières et carrièresLes terrains contaminés comportent un certain risque pour l’environnement et pour la sécurité de la population, dont la contamination des eaux souterraines et de surface. Au total, six terrains contaminés sont inventoriés par le MDDEP sur le territoire de la ville de Mont-Tremblant et deux sur celui de Saint-Faustin-Lac-Carré. Tous, sauf deux, ont été réhabilités avec un taux de réussite plus ou moins élevé, limitant les usages futurs de ces sites. Les deux sites à réhabiliter se retrouvent sur le versant nord du Mont-Tremblant et dans le secteur centre-ville de Mont-Tremblant. D’ailleurs, ces derniers, contenant des huiles et des graisses totales, représentent une source de contamination de l’eau souterraine. Le tableau 3.11.1, présenté à l’annexe 3.11, explicite les caractéristiques propres à chaque site inventorié.
Il est à noter que les anciens dépotoirs des municipalités sont également des sources potentielles de contamination du sol et des eaux souterraines et de surface. Aucun inventaire précis n’existe à l’échelle du bassin versant. Toutefois, on en retrouve trois sur le territoire de la ville de Mont-Tremblant, dont deux sur les rives de la rivière du Diable, entre la confluence de la rivière Cachée et de Mont-Tremblant centre-ville (Del Degan, 2003).
LES CONSEILLERS ADEC INC. Les impacts socio-économiques de développements majeurs dans le secteur Mont-Tremblant, Rapport sommaire, 2003, 29.
CLD DES LAURENTIDES. Cahier socio-économique - Zone MONT-TREMBLANT : Lac-Supérieur, Mont-Tremblant et Saint-Faustin-Lac-Carré, 2002, 8 p.
CLD DES LAURENTIDES. Répertoire des entreprises de la MRC des Laurentides classé par secteur d’activité et par municipalité, 2004.
CLD DES LAURENTIDES. PERMIS DE CONSTRUCTION et RICHESSE FONCIÈRE UNIFORMISÉE 2006. Version finale, 2007, 30 p.
DEL DEGAN, MASSÉ ET ASS. Plan directeur en environnement de la Ville de Mont-Tremblant. Tomes 1 et 2, 2003.
GIROUX Chantal, aménagiste, MRC des Laurentides, communication personnelle, avril 2007.
MRC DES LAURENTIDES. Schéma d’aménagement révisé, 2000.
MRC DES LAURENTIDES. Stratégie de développement durable, 2005.
SOCIÉTÉ D’HABITATION DU QUÉBEC. L’habitation au Québec, Profil statistique des Laurentides, Gouvernement du Québec, 2005.