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3.2 L' approvisionnement en eau potable


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LES FAITS SAILLANTS

dot La rivière du Diable et le lac Tremblant constituent les deux principales sources d’alimentation en eau potable du bassin versant, alimentant près de 50 % de la population de la ville de Mont-Tremblant ainsi que les visiteurs de la station touristique. Les eaux souterraines fournissent l’eau à près de la moitié des résidants du bassin versant, principalement à partir d’installations autonomes ;

dot La qualité de l’eau fournie par les aqueducs municipaux est généralement bonne. Les installations individuelles sont les plus à risque, particulièrement dans le cas où l’on prélève l’eau de surface (lac et cours d’eau) ;

dot On estime qu’en moyenne 9 000 m3 d’eau par jour sont prélevés par les aqueducs municipaux. Les plus forts prélèvements ont lieu durant la saison estivale ;

dot Des hausses importantes de la consommation en eau potable sont prévues du fait de la forte croissance démographique et des développements immobiliers et  récréotouristiques. Ainsi, d’ici 2021, on envisage une augmentation de 150% de la quantité d’eau prélevée pour l’aqueduc du lac Tremblant et de 70% pour le réseau de Mont-Tremblant centre-ville ;

dot Différentes mesures sont mises en place par les municipalités afin de réduire la consommation d’eau potable : interdiction d’arrosage en période d’étiage (Ville de Mont-Tremblant), installation de compteurs d’eau pour les industries, commerces et institutions (Ville de Mont-Tremblant et Saint-Faustin-Lac-Carré).

 

3.2 L' approvisionnement en eau potable

Malgré une apparente abondance, l’approvisionnement en eau potable de qualité continue de représenter un important défi pour les municipalités du bassin versant de la rivière du Diable. En effet, en raison de leur localisation dans le réseau hydrographique, les prises d’eau potable municipales sont sensibles aux impacts quantitatifs et qualitatifs des autres usages de l’eau situés plus en amont. Par ailleurs, les installations autonomes, qui desservent une importante portion de la population du bassin versant, sont elles aussi susceptibles d’être affectées par différentes formes de contamination. La section suivante fait le bilan des sources et types d’approvisionnement en eau potable à l’intérieur du bassin versant de la Diable. L’état des besoins actuels et futurs en eau potable ainsi que les mesures de protection et conservation existantes sont également discutés.

Les sources d’approvisionnement 

La rivière du Diable et le lac Tremblant constituent de loin les principales sources d’alimentation en eau potable à l’intérieur du bassin versant de la Diable. La rivière du Diable alimente l’aqueduc municipal de Mont-Tremblant – secteur Centre-ville, alors que l’aqueduc du lac tremblant alimente à la fois les réseaux de Station Mont-Tremblant et de Mont-Tremblant - secteur Village. Ensemble, ces deux sources d’eau alimentent près de 50 % de la population de la ville de Mont-Tremblant, en plus des visiteurs de la station touristique.

Pour leur part, les aqueducs municipaux de Saint-Faustin-Lac-Carré et de Lac-Supérieur s’alimentent à partir de la nappe souterraine et approvisionnent respectivement 2 650 et 126 personnes, pour un prélèvement moyen de 1200 m3/j et de 51 m3/j, respectivement. Il est à noter que l’aqueduc de Saint-Faustin dessert également des secteurs situés en dehors des limites du bassin versant de la rivière du Diable (MDDEP-Laurentides, 2006).

Au total, un peu plus de la moitié de la population du bassin versant de la rivière du Diable est alimentée par de l’eau souterraine, principalement à partir d’installations autonomes. Bien qu’aucun registre complet des puits existants ne soit disponible, on évalue qu’environ 70 % des installations autonomes s’alimentent à partir d’eau souterraine.  Plus de 9 000 résidants du bassin versant, répartis principalement dans les municipalités de Mont-Tremblant, Val-des-Lacs et Lac-Supérieur, s’alimentent ainsi en eau souterraine de façon autonome. Mentionnons par ailleurs que 80 % des villégiateurs de Mont-Tremblant et de Lac-Supérieur détiennent des installations autonomes d’approvisionnement en eau potable (Gohier, 2006).

Les aqueducs municipaux et leurs sources d’alimentation sont présentés aux tableaux 3.2.1 et leur localisation à l’intérieur du bassin versant est illustrée par la carte 3.3 Contraintes anthropiques.

Traitement et qualité de l’eau potable  

À l’exception de l’aqueduc de Lac-Supérieur, tous les systèmes municipaux d’approvisionnement en eau potable du bassin versant effectuent une chloration de l’eau. À Saint-Faustin-Lac-Carré, malgré le fait que l’aqueduc municipal s’alimente à partir de la nappe d’eau souterraine, une chloration de l’eau est exigée par le MDDEP, l’aquifère étant jugé vulnérable en raison de la présence d’industries lourdes (Lafarge et Claude Forget) juste au dessus (Campeau, 2006).
La qualité de l’eau fournie par les aqueducs municipaux est généralement bonne et des avis d’ébulition sont rarement émis à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable. Les installations individuelles demeurent les plus à risque, particulièrement dans le cas des prises d’eau en surface (lacs et cours d’eau). L’approvisionnement autonome en eau potable à partir d’eau de surface est d’ailleurs fortement déconseillé par les autorités de la santé publique. On conseille d’ailleurs aux nouveaux arrivants de privilégier un approvisionnerment en eau souterraine, dont la qualité est considérée supérieure et plus stable (Mossaoui, 2006). Toutefois, les puits peuvent eux aussi être soumis à différentes formes de pollution et requièrent la vigilance des propriétaires. En effet, la contamination des puits individuels par la présence de coliformes fécaux percolant d’installations septiques désuètes est un problème fréquent, pouvant affecter l’eau de jusqu’à 25 % des puits (Beaulieu, 2006). Rappelons que les propriétaires d’installations individuelles sont eux-mêmes responsables du suivi de la qualité de leur eau. Le MDDEP considère qu'un rayon de trente mètres autour d'une prise d'eau potable souterraine est une distance minimale à respecter afin d’éviter la contamination de l’eau puisée.

La consommation actuelle et future

À partir des données disponibles pour l’année 2003, on évalue que plus de 9 000 m3/j d’eau sont prélevés par l’ensemble des aqueducs municipaux du bassin versant de la rivière du Diable. Les prélèvements les plus importants se font au lac Tremblant et dans la rivière du Diable, avec des débits moyens se situant dans les deux cas autour de 4 000 m3/j. En période de pointe, la demande peut atteindre jusqu’à 6 000 m3/j au lac Tremblant et 4 500 m3/j pour la rivière. Notons que cette période de pointe coincide avec  la période d’étiage estival, soit entre les mois de juin et septembre (Labrosse, 2006). Les débits moyens journaliers prélevés par les aqueducs du bassin versant sont présentés au tableau 3.2.1.

Le plus souvent raccordés aux aqueducs municipaux, les industries et commerces sont d’importants consommateurs d’eau potable à l’échelle du bassin versant. Les données disponibles pour la Ville de Mont-Tremblant à cet égard indiquent, pour la période de 2002 à 2005, une consommation moyenne totale de 250 000 m3 par année associée aux industries et commerces; les restaurants et bars (94 000 m3/an) et les commerces de détail (70 000 m3/an) sont de loin les plus gros consommateurs de cette catégorie (Labrosse, 2007).

La demande en eau potable connaît une croissance soutenue à l’échelle du bassin versant de la Diable. Entre 1995 et 2001, une hausse de plus de 60 % de la consommation moyenne annuelle d’eau potable à Mont-Tremblant a été observée, celle-ci étant associée à la croissance des activités commerciales et résidentielles (Del Degan, 2003). La forte croissance démographique et le développement de l’offre récréotouristique prévus au cours des prochaines années pour ce territoire entraîneront une croissance importante de la demande en eau potable : une hausse de 150 % est prévue pour les prélèvements de l’aqueduc du lac Tremblant d’ici 2021 et de 70 % pour le réseau de Mont-Tremblant centre-ville (SNC-LAVALIN, 2004).

Tableau 3.2.1   Besoins actuels et futurs en eau potable


Nom du réseau

Source

Type de traitement effectué

Nombre de personnes desservies (4)

Capacité maximale 2006 (m3/j)

Débit moyen journalier prélevé (m3/j) en 2003

Besoins futurs en 2021 (3)

Débit moyen journalier (m3/j)

Hausse par rapport à  2003

Mont-Tremblant (Village et  Station) Lac Tremblant Chloration 12 352
(Village)
11 000
(Station) (1)
10 500 4 040 10 095 150%
Mont-Tremblant  (Centre-ville) Rivière du Diable Décantation filtration et chloration 14 180 (1)   3 900 (moy) 5 950 (moy) 70%
6  200 3 670 (hiv) 6 220 (hiv.)
  4 490 (été) 7 570 (été)
Lac-Supérieur Eau souterraine Aucun 123 (2) n.a 51 n.a. n.a.
St-Faustin-Lac-Carré Eau souterraine Chloration 2 650 (2) n.a. 1 200 n.a. n.a.
Total  40 305 s.o. 9 211 n.a. n.a.

Sources : http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/potable/distribution/resultats
(1) Données pour 2006, Labrosse, 2006.
(2) Données pour 2003, selon le MDDEP.
(3) SNC-LAVALIN, 2004.
(4) Alors qu'avant le calcul du nombre de personnes desservies par un réseau d’approvisionnement se faisait principalement sur la base des résidants permanents, depuis 2005, celui-ci inclut, entre autres, les résidences saisonnières, le nombre de lits dans les hôtels, le nombre de places dans les restaurants, les écoles, les institutions de santé et autres lieux publics (MAMR). L’importance d’installations d’hébergement et de restauration à Ville de Mont-Tremblant explique que la population desservie par ces réseaux d’approvisionnement excède la population totale relevée pour cette municipalité.

Vers une consommation plus efficace ?   

Différentes mesures sont mises en place par les municipalités du bassin versant afin de rationaliser la consommation d’eau. La ville de Mont-Tremblant réglemente l’arrosage des terrains extérieurs dans le but de réduire la consommation en période d’étiage, une réglementation renforcée par la patrouille policière (Labrosse, 2007). Par ailleurs, des compteurs d’eau sont utilisés auprès des industries et commerces de Mont-Tremblant et de Saint-Faustin-Lac-Carré. Dans le cas de Mont-Tremblant, des compteurs sont installés depuis 1989 dans 362 commerces du secteur Centre-ville. D’ici décembre 2008, tous les industries, commerces et institutions (ICI) de la ville devraient être munis de compteurs d’eau. La tarification de base de 150 $ permet une consommation de 250 m3/an (équivalente à 700 litres/jour). Il en coûte 40,7 sous par mètre cube excédentaire.

Pour sa part, la municipalité de Saint-Faustin-Lac-Carré a installé depuis 2004 trente-cinq compteurs d’eau dans les ICI de son territoire. Le reste des ICI devraient en être munis d’ici 2008. Une tarification de base de 140 $ donne droit à une consommation annuelle de 268 m3; les taux imposés pour chaque mètre cube excédentaire varient selon la consommation totale (Levert, 2007).

Quant aux carences actuelles au niveau des connaissances nécessaires à une gestion durable et efficace de l’alimentation en eau potable, mentionnons qu’à Saint-Faustin, tout comme à Lac-Supérieur, le volume et le taux de recharge des nappes souterraines exploitées pour l’approvisionnement en eau potable demeurent inconnus. De plus, il est à noter qu’aucune information n’est disponible à l’échelle du bassin versant quant aux fuites des réseaux d’aqueduc et aux autres sources de gaspillage. Au Québec, les fuites des réseaux municipaux sont évaluées à jusqu’à 20 % des débits prélevés (Savard, 2006).

Références

Del Degan, Massé et ass. (2003). Plan directeur en environnement de la ville de Mont-Tremblant. Tomes 1 et 2.

Gohier Marketing (2006). Étude sur les villégiateurs de la MRC des Laurentides.

MRC des Laurentides (2000). Schéma d’aménagement révisé.

MRC des Laurentides (2006). Schéma de couverture de risques en couverture incendie.

SNC-LAVALIN Environnement (2004). Évaluation environnementale de la rivière du Diable. Rapport final préparé pour la ville de Mont-Tremblant. 92p.

Ministère des Affaires municipales et des régions. En ligne : www.mamr.gouv.qc.ca

Ministère du développement durable, de l’environnement et des parcs. En ligne : www.mddep.gouv.qc.ca/eau/potable/expl_mun/index.asp

Beaulieu, F. (2006). Communication personnelle. Inspecteur municipal adjoint, Val-des-Lacs.

Campeau, C. (2006). Communication personnelle. Urbaniste, Saint-Faustin-Lac-Carré.

Labrosse, B. (2006). Communication personnelle. Directeur des travaux publics, Ville de Mont-Tremblant.

Letarte, M. (2006). Communication personnelle. Travaux publics, Saint-Faustin-Lac-Carré.

Levert, J. (2007). Communication personnelle. Préposée au soutien administratif, Saint-Faustin-Lac-Carré.

Moussaoui, O. (2006). Communication personnelle. Urbaniste, Lac-Supérieur.
Savard, M. (2006). Communication personnelle. Technicien en eau. MDDEP-Laurentides.

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