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Du fait du relief montagneux et de la présence de sols défavorables à l’agriculture, ce secteur d’activités est peu développé sur le bassin versant, occupant 1% du territoire.
Les terres agricoles se concentrent dans l’extrême sud du bassin versant : dans la plaine d’inondation de la rivière du Diable (75 % des terres) et dans le bassin versant du lac Maskinongé (15 %).
Les productions agricoles sont essentiellement animales (10 à 20 entreprises) et dans une moindre mesure horticoles et acéricoles. Aussi, deux piscicultures sont présentes sur le territoire ainsi que deux étangs de pêche.
Plusieurs dommages environnementaux sont imputables aux pratiques agricoles : entreposage et gestion des fumiers, utilisation de pesticides, dégradation des bandes riveraines. La dégradation de la rive semble être la pratique la plus problématique sur le bassin versant.
Les piscicultures sont des sources importantes de phosphore dans le milieu aquatique. Les deux piscicultures du bassin versant adoptent actuellement des pratiques visant une réduction de cet apport.
Occupant à peine 1 % du territoire, l’activité agricole est peu développée à l’échelle du bassin versant de la rivière du Diable. Les exploitations agricoles y sont peu nombreuses, de taille modeste et se consacrent à une production de petite échelle. Cependant, la concentration de ces activités dans des zones riches en biodiversité, riveraines ou sensibles à l’érosion, est susceptible de nuire à la qualité de l’eau et des écosystèmes associés au bassin versant. Ainsi, les rivières Cachée, du Diable et le lac Maskinongé sont touchés par cette problématique.
Cette section du portrait présente brièvement la localisation et le type d’activités agricoles pratiquées dans le bassin versant ainsi que leurs impacts.
Le relief montagneux et les types de sols identifiés dans le bassin versant de la rivière du Diable offrent des conditions généralement peu propices à l’agriculture. Ce n’est qu’à l’extrême sud du bassin versant que les activités d’élevage et de culture bénéficient de conditions qui leur sont favorables. En effet, la plaine alluviale de la rivière du Diable, au sud de Saint-Jovite, offre des sols plats et fertiles, de texture fine, propres à l’exploitation agricole (MRC des Laurentides, 2005). C’est donc dans ce secteur, composé de méandres et parsemé d’importants milieux humides, que se concentrent 75 % des terres agricoles du bassin versant. Aussi, le bassin versant du lac Maskinongé est utilisé pour l’agriculture, représentant les 15 % des terres agricoles restant. La superficie totale de ces terres à usage agricole est évaluée de 10 à 16 km2, soit environ 1 % de la superficie totale du bassin de la rivière du Diable.
Cependant, certains types d’agriculture ne nécessitent pas des terres arables pour leur production. C’est le cas notamment des activités acéricoles, horticoles (en serre) et piscicoles, pratiquées ailleurs dans le bassin versant.
La carte 1.3, « Occupation actuelle et projetée du territoire », permet de situer les terres exploitées tandis que la carte 3.1, « Les grandes affectations du territoire », présente les différents secteurs permettant des formes plus ou moins intensives d’agriculture.
On retrouve principalement des productions animales et, dans une moindre mesure, des productions acéricoles et horticoles. Selon les différents inventaires, on compte de 10 à 20 entreprises oeuvrant dans la production laitière, de bœufs, de volailles, de chevaux et de bisons dans le bassin versant (MAPAQ; Del Degan et al., 2003). Plus précisément, pour ce qui est du cheptel bovin, un recensement de 2002 avance un chiffre de 300 unités animales sur le territoire. Selon l’inventaire de la ville de Mont-Tremblant, près de 5 km2 des terres agricoles servent à la culture de fourrage, tandis que plus de 2 km2 servent à l’élevage.
L’utilisation de la ressource « eau » dans le secteur agricole est peu documentée. L’irrigation des cultures semblerait minime. En effet, les superficies de culture réduites et la prédominance de fourrages et de pâturages ne nécessitent que peu d’apports d’eau. Finalement, les puits individuels constituent la principale source d’eau utilisée pour l’abreuvement du bétail.
En dehors de ces activités agricoles traditionnelles, le bassin versant de la rivière du Diable compte deux piscicultures sur son territoire : une à Mont-Tremblant et l’autre à Saint-Faustin-Lac-Carré. La capacité de production maximale autorisée pour ces deux entreprises est de 89 tonnes de poissons par an, réparties comme suit : 78 tonnes pour Pisciculture Mont-Tremblant et 11 tonnes pour Lac-Carré inc. Toutefois, la production effective de poissons de Pisciculture Mont-Tremblant varie de 70 à 72 tonnes par an (Roberge, 2006). Les deux piscicultures peuvent être localisées sur la carte 3.2, « Prises d’eau potable, rejets d’eaux usées et autres sources potentielles de contamination ».
Deux étangs de pêche sont également en activité dans le bassin versant de la rivière du Diable, soit les Étangs de pêche Mont-Tremblant, à Val-des-Lacs, et les Étangs Laganière, à Lac-Supérieur.
Les pratiques agricoles peuvent entraîner des incidences sur la santé des lacs et cours d’eau. En effet, les intrants agricoles, tels que les engrais, pesticides et fumiers, peuvent être des sources de contamination de l’eau. Il ne faut pas oublier non plus l’érosion des sols déboisés et le piétinement des rives par le bétail, etc... Voici un résumé de la situation pour le bassin versant de la rivière du Diable.
Production et entreposage de fumiers
Contrairement à d’autres régions du Québec où les activités agricoles sont intensives, la gestion des fumiers n’apparaît pas préoccupante pour le bassin versant de la rivière du Diable. En effet, le stockage des déjections animales dans des fosses étanches permet de réduire les pertes de fertilisants et contaminants (bactéries…). Ce mode d’entreposage en bordure des rives n’est donc pas considéré problématique sur le bassin versant (Gauthier, 2006). En outre, le bilan en phosphore de la région est négatif. Ce résultat signifie que la quantité de phosphore produite (associée aux déjections animales) est inférieure à la quantité de phosphore utilisée pour la fertilisation des sols. De ce fait, les agriculteurs sont autorisés à importer du fumier d’une autre région, bien que cette pratique soit à ce jour peu utilisée.
Utilisation de pesticides
L’emploi de pesticides par les agriculteurs n’apparaît pas problématique dans le bassin versant de la rivière du Diable (Gauthier, 2006). En effet, les ventes de pesticides sont très faibles dans le secteur de Mont-Tremblant où se retrouvent les activités agricoles (COOP Mont-Tremblant, 2006). Des mesures réglementaires encadrent cependant l’épandage de pesticides à proximité des lacs et cours d’eau. Il est important de se renseigner auprès du MDDEP et des municipalités avant de faire usage de pesticides.
La dégradation des bandes riveraines
Le secteur agricole du bassin versant présente un déboisement important des rives le long de la rivière du Diable (9 km de rives déboisées) associé à une érosion sévère (4 km de rives érodées) (Biofilia, 2004). Ce secteur de la rivière, particulièrement vulnérable à l’érosion, présente donc une érosion naturelle accentuée par le déboisement de la bande riveraine et le piétinement des berges par le bétail (Biofilia, 2004). En effet, l’interdiction d’accès du bétail aux cours d’eau, en vigueur depuis 2005, n’est pas encore respectée par tous les producteurs (Bélanger, 2006). Ces derniers croient à tort qu’un petit troupeau ne représente qu’un impact négligeable sur le milieu riverain. De plus, les producteurs de la région sont peu enclins à souscrire aux subventions gouvernementales disponibles pour reboiser leurs rives et les anciennes aires d’abreuvement (Gauthier, 2006).
Il est important de rappeler que malgré les réticences à appliquer la réglementation concernant la protection de la bande riveraine, cette dernière est bénéfique aux activités agricoles! En effet, en plus de préserver la qualité de l’eau en retenant les sédiments, les engrais et les pesticides, les milieux riverains boisés protègent les cultures de l’érosion en prévenant les pertes de sol et les dommages causés par le vent. De plus, ils diminuent les risques d’inondation des champs en absorbant une partie des crues, tandis que l’ombre des arbres freine le réchauffement de l’eau et protège le bétail circulant à l’extérieur des rives.
Le cas du Lac Maskinongé |
Impacts associés à la pisciculture et aux étangs de pêche
De façon générale, la production de poissons constitue une source importante de rejets de phosphore dans l’eau. Ces rejets sont engendrés à la fois par la nourriture et par les rejets des poissons. La prise en considération des impacts environnementaux causés par les activités piscicoles freine d’ailleurs l’expansion des entreprises concernées depuis quelques années. Les piscicultures doivent donc se conformer aux lois relatives à l'utilisation de l'eau et à la préservation de la qualité de l'environnement aquatique.
Les piscicultures sont aussi de grandes consommatrices d’eau. Pisciculture Mont-Tremblant prélève en continu 0,16 m3/s d’eau du lac Tremblant et rejette un débit équivalent dans la rivière Cachée, pour un volume total annuel prélevé de près de 5 millions de m3, le plus important prélèvement effectué dans le lac Tremblant (Del Degan, Massé et Ass., 2003). De son côté, Pisciculture Lac-Carré inc. puise son eau dans trois puits (eau souterraine) et rejette ses eaux usées dans un ruisseau se déversant dans le ruisseau Clair (MDDEP, 2005).
Avant d’être rejetées dans la rivière Cachée, les eaux des bassins d’élevage de Pisciculture Mont-Tremblant sont préalablement envoyées dans un bassin de décantation qui capterait environ 80 % du phosphore. Depuis deux ans, des efforts supplémentaires ont été fournis par Pisciculture Mont-Tremblant afin de réduire davantage la teneur en phosphore des eaux usées. Ainsi, la pisciculture a introduit une moulée à basse teneur en phosphore, diminué le taux de conversion alimentaire et augmenté l’efficacité des systèmes de nettoyage des fèces, réduisant ainsi d’environ 25 % la quantité de phosphore rejetée dans la rivière par rapport aux années antérieures (Roberge, 2006). Par ailleurs, mentionnons que les deux exploitations piscicoles du bassin versant envisagent d’adhérer à la Stratégie de développement durable de l’aquaculture en eau douce du Québec (STRADDAC). Ce programme gouvernemental encourage les entreprises s’y engageant à réduire la concentration en phosphore de leurs rejets de 30 % sur 3 ans.
En plus du phosphore, diverses substances chimiques sont susceptibles de se retrouver dans les effluents des piscicultures. Ces substances, comme les antibiotiques, hormones, désinfectants ou fongicides, ne font l’objet d’aucune forme de contrôle ou de suivi.
BÉLANGER, Dominic. 2006-2007. Communication personnelle. Inspecteur agricole et pesticides, CCEQ Direction régionale des Laurentides.
BIOFILIA. 2004. Programme de caractérisation de la Rivière du Diable. Rapport final. Ville de Mont-Tremblant, 44 p.
CHABOT, Martin. 2006. Communication personnelle. Cartographe, MRC des Laurentides.
COOP MONT-TREMBLANT. 2006. Communication personnelle.
DEL DEGAN, MASSÉ et ASS. 2003. Plan directeur en environnement de la Ville de Mont-Tremblant. Tomes 1 et 2. Ville de Mont-Tremblant, 328 p.
FERLAND, Pierrot. 2006. L’irrigation : portrait pour le Québec. En ligne. 6 p. <http://www.agrireseau.qc.ca/legumeschamp/documents/Ferland_Pierrot_9h.pdf>
GAUTHIER, Pierre. 2006. Communication personnelle. Agriculteur, UPA.
LÉONARD, Serge. 2006. Communication personnelle. Responsable de l’environnement, ville de Mont-Tremblant.
MAPAQ. 2001. Profil bioalimentaire de la région des Laurentides. En ligne.103 p.
MAPAQ. Sd. Profil de la région. En ligne. <http://www.mapaq.gouv.qc.ca/Fr/Regions/laurentides/profil/>. Consulté en 2006.
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MDDEP. Sd. En ligne. <www.mddep.gouv.qc.ca>. Consulté en 2006.
ROBERGE, François. 2006. Communication personnelle.
Pisciculture Mont-Tremblant.