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Le réseau routier du bassin versant de la rivière du Diable totalise plus de 600 km de routes, dont plus de la moitié sont des rues locales. Il se concentre dans les secteurs habités de Mont-Tremblant, de Saint-Faustin-Lac-Carré et de Lac-Supérieur. Plus du tiers de ce réseau se situe en milieu riverain des lacs et cours d’eau ;
La densification du réseau routier a un impact sur la qualité de l’eau. En effet, les eaux qui ruissellent sur ces surfaces imperméables peuvent transporter une charge importante de contaminants (sels de déglaçage, sédiments et hydrocarbures) qui ne seront pas épurés naturellement par la végétation et les dépressions naturelles ;
Pendant l’hiver, plus de 28 000 tonnes de sable et 2 000 tonnes de sel sont épandus sur le territoire du bassin versant de la rivière du Diable. Les sédiments (sable) et sels de déglaçage provenant du réseau routier figurent parmi les principaux facteurs susceptibles d’influencer la qualité de l’eau des lacs de la région ;
Il existe trois sites d’entreposage des neiges usées à l’intérieur du bassin versant : deux pour la municipalité de Mont-Tremblant, un pour la municipalité de Saint-Faustin-Lac-Carré. La neige usée est susceptible de contenir plusieurs contaminants (débris, métaux lourds, matières en suspension, huiles et graisses, sels de déglaçage et autres) ;
Les fossés mal aménagés peuvent engendrer des apports accrus en sédiments aux lacs et cours d’eau. Des bonnes pratiques devraient être adoptées afin de contrer ces apports, notamment la mise en place de bassins de sédimentation et l’utilisation de la méthode dite du tiers inférieur.
En raison de sa conception, son entretien et son utilisation, le réseau routier comporte plusieurs sources de contamination, à la fois ponctuelles et diffuses, susceptibles d’affecter la qualité des eaux de surface et souterraines. Après un bref aperçu des multiples impacts associés au réseau routier, le texte qui suit dresse le portrait du réseau routier du bassin versant de la rivière du Diable ainsi que des principales activités de voirie susceptibles d’influencer le milieu aquatique : l’épandage de fondants et d’abrasifs, la gestion des neiges usées et des fossés.
La densification du réseau routier dans un territoire donné affecte la qualité des eaux de surface et souterraines. Cela s’explique par le fait que, bien qu’un bassin versant à l’état naturel possède tous les moyens pour retenir et filtrer l’eau, « l’ensemble du réseau routier (chemins, rues, fossés, ponceaux, etc.) constitue des canaux dirigeant l’eau directement vers les cours d’eau et les lacs sans qu’elle ne passe par le processus complet et naturel de rétention et de filtration à l’aide de la végétation et des dépressions naturelles » (Biofilia, 2005). Les eaux de ruissellement en provenance du réseau routier sont ainsi susceptibles de transporter une charge importante de contaminants, dont notamment des sels de déglaçage, sédiments et hydrocarbures (MDDEP, 1997). L’impact sur le milieu aquatique environnant est d’autant plus important lorsque le réseau routier se trouve en milieu riverain. De plus, la construction de routes sur des sols minces et des terrains de fortes pentes (30 % et plus) représente un risque accru d’érosion.
Par ailleurs, plusieurs impacts environnementaux sont associés à la présence de ponts et ponceaux. Dans la plupart des cas, les traverses de cours d’eau (publiques ou privées) sont aménagées sans mesures de mitigation adéquates permettant de réduire les problèmes d’érosion. Des ponceaux mal aménagés peuvent également créer des obstacles infranchissables pour les poissons, empêchant ces derniers d’accéder aux zones amont du bassin versant où peuvent être localisées des aires de frai ou d’alevinage (Biofilia, 2004).
Avec plus de 600 km de routes, dont plus de la moitié sont des rues locales, le réseau routier du bassin versant de la rivière du Diable se concentre dans les secteurs habités de Mont-Tremblant, de Saint-Faustin-Lac-Carré et de Lac-Supérieur. La carte 1.2 Le réseau hydrographique et le découpage administratif du bassin versant de la rivière du Diable situe les axes routiers majeurs. Le réseau routier secondaire (chemins principaux et secondaires) est également très développé sur le territoire, dans un contexte où la villégiature est omniprésente et les accès aux grands secteurs forestiers sont utilisés plus intensivement. L'achalandage du réseau a presque doublé entre 1982 et 1995 et continue d’augmenter. D’ailleurs, afin de mieux desservir le secteur touristique de Mont-Tremblant, plusieurs projets routiers majeurs (voir la carte 1.3 Occupation actuelle et projetée du territoire) sont prévus dans un avenir rapproché. Ce constat demande de rester vigilant vis-à-vis des différentes formes de contamination associée au réseau routier.
Tableau 3.4.1 Le réseau routier du bassin versant de la rivière du Diable, en 2004 (secteur « hors-parc »).
| Types de chemins | Longueur (km) | Emprise (m) |
| Route 117 | 17 | 60 |
| Route principale (323 et 327) |
73 | 20 |
| Chemin principal (Ch. du Lac-Supérieur Ch. Le Boulé, etc.) |
97 | 15 |
| Chemin secondaire | 103 | 12 |
| Rue locale | 316 | 12 |
| Total | 606 | n.a. |
Source: MRC des Laurentides, 2000, service de la géomatique, 2004.
Plus du tiers du réseau routier est en milieu riverain des lacs et cours d’eau (MRC des Laurentides, 2004). Par ailleurs, les densités actuelles du réseau routier et des traverses de cours d’eau, à l’intérieur de l’encadrement forestier de la rivière du Diable à Mont-Tremblant, sont considérées comme des facteurs élevés de perturbation sur les milieux aquatiques (Biofilia, 2004). La densification du réseau routier est principalement élevée entre la confluence de la rivière Le Boulé et de la route 117. Quant au secteur centre-ville de Mont-Tremblant, l’indice de perturbation relié au nombre de traverses de cours d’eau est deux fois supérieur au seuil critique, ce qui peut traduire une problématique sévère (Biofilia, 2004).
Pour des raisons de sécurité liées à la circulation routière, l’épandage d’abrasifs et de sels de voirie est une pratique municipale courante pendant l’hiver. Le recours aux abrasifs (sable et gravier) se fait sur l’ensemble du réseau routier du bassin versant tandis que l’épandage de sels de déglaçage se fait principalement dans les secteurs urbains. Au total, plus de 28 000 tonnes de sable et 2 000 tonnes de sels sont épandus sur le territoire du bassin versant de la rivière du Diable, alors que le centre-ville de Mont-Tremblant reçoit à lui seul environ 700 tonnes de sels chaque hiver (Labrosse, 2007). Le tableau 3.4.2 présente les différentes caractéristiques de l’entretien hivernal des routes du bassin versant de la rivière du Diable.
Tableau 3.4.2 Utilisation d’abrasifs et de sels de voirie pour l’entretien hivernal du réseau routier du bassin versant de la rivière du Diable, en 2006.
| Secteur | Épandage de sable (tonne/an) |
Épandage de sels (tonne/an) |
| Parc national du Mont-Tremblant | Sable et gravier seulement | Aucun |
| Mont-Tremblant | 15 000 | 1 500 |
| Saint-Faustin-Lac-Carré | 4 500 sels et sable | 300 |
| Lac-Supérieur | 6 000 | 300 |
| Val-des-Lacs | 3 000 | 185 |
Source : Services des travaux publics des municipalités mentionnées.
Étant donné les quantités appliquées chaque année à l’échelle du bassin versant, les sédiments et les sels de déglaçage provenant du réseau routier figurent parmi les principaux facteurs susceptibles d’influencer la qualité de l’eau des lacs de la région (Del Degan, 2003). Certains lacs du bassin versant montrent déjà des signes de perturbation due aux sels de déglaçage (dont les lacs Calvé, Gagnon et Carré (Biofilia, 2004). Bien qu’aucune réglementation environnementale ne soit en vigueur, certaines municipalités diminuent l’épandage de sels en milieu riverain. D’ailleurs, Environnement Canada recommande fortement de réduire la quantité des sels de déglaçage épandus (Environnement Canada, 2001). Rappelons que les sels de voirie (contenant des sels inorganiques de chlorure avec ou sans sels de ferrocyanure) sont considérés des substances toxiques au sens de l'article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) et ont un effet nocif sur les écosystèmes d’eau douce (de surface et souterrains), les sols, les végétaux et la faune.
Les sites d’entreposage d’abrasifs et des sels de déglaçage sont également susceptibles de contribuer de façon importante à cette forme de pollution. Afin de limiter le ruissellement des sels et leur percolation dans le sol, Environnement Canada conseille fortement d’entreposer les amas de sels sur une dalle de béton et de les recouvrir. À l’échelle du bassin de la rivière du Diable, ces mesures ne sont appliquées que pour les installations de la Ville et la Station Mont-Tremblant.
Des entrepôts de substances toxiques |
À cet effet, Environnement Canada a établi un Code pratique pour la gestion environnementale des sels de voirie qui peut être consulté en ligne à l’adresse suivante : http://www.ec.gc.ca/nopp/roadsalt/cop/fr/code.htm.
On dénombre trois sites d’entreposage des neiges usées à l’intérieur du bassin versant : deux appartiennent à la municipalité de Mont-Tremblant (un est situé en bordure du chemin Duplessis et l’autre à l’arrière du garage municipal, secteur Village) alors que le troisième est opéré par la municipalité de St-Faustin-Lac-Carré.
Tableau 3.4.3 La gestion des neiges usées dans le bassin de la rivière du Diable en 2007.
| Secteur | Gestion des |
Dépôt des neiges usées |
|
| Nombre | Cours d’eau récepteur | ||
| Parc national du Mont-Tremblant |
Refoulement |
0 |
- |
| Mont-Tremblant | Déneigement |
2 |
Rivière du Diable et |
| Saint-Faustin-Lac-Carré | Déneigement |
1 |
Ruisseau Noir |
| Lac-Supérieur | Refoulement |
0 |
- |
| Val-des-Lacs | Refoulement |
0 |
- |
Source : Services des travaux publics des municipalités mentionnées.
Les neiges usées étant susceptibles de contenir plusieurs contaminants (débris, métaux lourds, matières en suspension, huiles et graisses, sels de déglaçage et autres), plusieurs mesures visant à prévenir toute contamination de l’environnement doivent être prises aux sites utilisés pour leur entreposage, telles que prescrites dans le Règlement sur les lieux d’élimination de neige (1997) (MDDEP, 1997). Ainsi, les dépôts de neiges usées devraient être sur des surfaces imperméables, ce qui est le cas seulement pour le nouveau site de Mont-Tremblant Station (Léonard, 2007).
Quoiqu’il soit dorénavant interdit de déverser des neiges usées directement dans les cours d’eau, les rejets des eaux salées de la fonte des neiges usées sont dirigés vers des cours d’eau au moment de la crue printanière alors que leur pouvoir de dilution est à son maximum. Pour leur part, les rejets des sites de Saint-Faustin-Lac-Carré et de Mont-Tremblant (chemin Duplessis), évalués annuellement, sont jugés conformes aux normes (Letarte et Labrosse, 2007). Toutefois, avec le développement du réseau routier, on prévoit à la ville de Mont-Tremblant une hausse de 250 % des quantités de neiges usées à disposer d’ici 25 ans (Del Degan, 2003).
La carte 3.3 Prises d’eau et sources potentielles de contamination de l’eau permet de situer les dépôts de neiges usées de même que ceux de sable et de sels de voirie, à l’intérieur du bassin versant de la rivière du Diable.
L’important réseau routier ceinturant les lacs du bassin de la rivière du Diable est accompagné d’un réseau de fossés drainant les abrasifs qui y sont déposés annuellement. Les fossés mal aménagés peuvent engendrer des apports accrus en sédiments aux lacs et cours d’eau. D’ailleurs, une forte proportion des fossés de drainage associés au réseau routier du bassin versant de la rivière du Diable est dirigée directement vers les cours d’eau et les lacs sans mesures d’atténuation (Renaud, 2007). Des études conduites sur les lacs Maskinongé, Duhamel, Orignal et aux Quenouilles ont relevé des apports importants en sédiments pouvant être reliés à l’érosion des fossés (Biofilia, 2004). Afin de réduire les apports en sédiments et en nutriments dans les cours et plans d’eau, il serait profitable d’installer des bassins de sédimentation (servant à filtrer les eaux de ruissellement) dans les fossés routiers ou d’en revégétaliser le tiers inférieur. Dans le Parc national du Mont-Tremblant, à la Ville de Mont-Tremblant et à Saint-Faustin-Lac-Carré, des efforts sont consentis concernant l’enrochement et de la revégétalisation des fossés (Campeau, 2006).
BIOFILIA. Programme d’évaluation et de surveillance des lacs, Rapport de synthèse, Ville de Mont-Tremblant, 2004, 26 p.
BIOFILIA. Programme de caractérisation de la rivière du Diable, Rapport final, Ville de Mont-Tremblant, 2004, 44 p.
BIOFILIA. Méthodes de contrôle de l’érosion, Guide pratique réalisé pour la municipalité de Saint-Faustin-Lac-Carré, 2005, 49 p.
Code pratique pour la gestion environnementale des sels de voirie.
En ligne : http://www.ec.gc.ca/nopp/roadsalt/cop/fr/code.htm
ENVIRONNEMENT CANADA. Rapport d'évaluation - Sels de voirie, 2001.
En ligne : http://www.ec.gc.ca/nopp/roadsalt/fr/
ÉQUIPE LAURENCE, EXPERTS-CONSEILS. Demande de certificat d’autorisation, lieu d’élimination des neiges usées, Ville de Mont-tremblant, lot P-30-2 et lot P-31-3, 2001.
MDDEP (1997). Guide d’aménagement des lieux d’élimination de neige et mise en oeuvre du Règlement sur les lieux d’élimination de neige.
MRC DES LAURENTIDES (2000). Schéma d’aménagement révisé.
CAMPEAU Jocelyn, urbaniste, SFLC, communication personnelle, juillet 2006.
DASTOUS Guy, responsable environnement, MTQ – direction Laurentides, communication personnelle, avril 2007.
GIROUX Chantal, urbaniste, MRC des Laurentides, communication personnelle, juin 2006.
LABROSSE Benoît, directeur des Travaux publics, Ville de Mont-Tremblant, communication personnelle, avril 2007.
LANGLOIS Charles V., Service de la conservation, Parc national du Mont-Tremblant, communication personnelle, juin 2006.
LÉONARD Serge, responsable de l’environnement, ville de Mont-Tremblant, communication personnelle, mai 2006.
LETARTE Martin, responsable des Travaux publics, SFLC, communication personnelle, juillet 2006.
MOSSAOUI Omar, urbaniste, Lac-Supérieur, communication personnelle, octobre 2006.
RENAUD Michel, MRNF, communication personnelle, décembre 2006.
SAINT-CHARLES Murielle, conseillère municipale de Val-des-Lacs, communication personnelle, décembre 2006.