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1. Qu’est-ce que l’érosion? |
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| Saviez-vous qu’à travers le monde, l’érosion cause la perte de 25 milliards de tonnes de sol par an? (Brown et Wolf, 1984). |
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| Les trois phases de l’érosion : le détachement des particules, le transport et le dépôt. |
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2. Les sédiments : le produit de l’érosion |
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3. L’eau, un agent de l’érosion! |
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Comment l’eau agit-elle? Il faut savoir qu’elle engendre le détachement des particules du sol par deux mécanismes : la pluie et le ruissellement. |
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| Détachement par la pluie | |||||||||||||
Dans ce cas, les particules de sol sont délogées lorsque les gouttes de pluie frappent le sol nu. À ce moment, les gouttes de pluie ont l’effet de véritables petites bombes! Chaque goutte qui tombe est érosive. Sa force brise les agrégats et disperse les particules du sol, telle une éclaboussure. On nomme ce phénomène l’effet « splash ». Les particules devenues libres sont susceptibles d’être transportées par l’eau pour se déposer plus loin. Il est important de noter que toutes les pluies n’ont pas la même force érosive. Ainsi, plus le diamètre des gouttes de pluie est grand, plus celles-ci sont érosives. Aussi, on note que l’intensité d’une pluie est un facteur important! En effet, une faible pluie pendant une longue durée aura moins d’impact qu’une forte pluie de quelques instants! Les particules de sols ainsi détachées sont ensuite soit emportées par le ruissellement ou déposées, si l’eau s’infiltre. |
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| Saviez-vous qu'en 1975, Dubé estime que, pour le Québec, 80 à 85% de l’érosion des sols durant la saison estivale est le fait de 5 à 6 orages?Une goutte de pluie de 5 mm de diamètre possèderait 43% plus d’énergie qu’une goutte d’1 mm de diamètre. | |||||||||||||
| Détachement par le ruissellement | |||||||||||||
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| Saviez-vous que la compaction du sol produite par l’impact de la pluie tombant pendant une période de 1 à 5 minutes fait décroitre l’infiltration à un degré tel que même dans les sols sableux, près de 98% de l’eau de pluie ruisselle en surface? (EPA, 1971). | |||||||||||||
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4. Les impacts de l’érosion |
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Les impacts de l’érosion englobent les impacts associés aux apports excessifs de sédiments dans le milieu aquatique. En effet, les sédiments issus de l’érosion sont liés à des nutriments, des métaux lourds et d’autres polluants. |
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| Impacts écologiques de l’érosion: | |||||||||||||
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Dégradation de l’habitat des organismes aquatiques :
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| Impacts sociaux et économiques : | |||||||||||||
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| Combien nous coûtent les sédiments?Pour être potable, l’eau doit être exempte des sédiments que l’on retrouve sous forme de matières en suspension dans nos milieux aquatiques. Tout cela a un prix! Ainsi, des usines de filtration doivent être mises en place et entretenues pour fournir une eau de qualité sans sédiments! La prise d’eau potable de la rivière du Diable est équipée de cette installation et on estime que le coût d’entretien de l’usine de filtration est de 5 à 10 cents par m3 d’eau! (Labrosse, 2007) | |||||||||||||
| Quand le sol s’en va à l’eau…Les particules emportées par les processus d’érosion appartiennent à la partie supérieure du sol. Or c’est dans cette partie du sol que la litière se décompose et que l’on retrouve les éléments nutritifs! Ainsi, c’est le sol fertile qui part à l’eau, laissant derrière lui un sol pauvre, à fertiliser de nouveau! | |||||||||||||
5. Plus ou moins d’érosion |
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Plusieurs paramètres naturels influencent l’intensité de l’érosion par l’eau. Voici les principaux :
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| Le climat: | |||||||||||||
Le climat est un facteur déterminant dans le processus d’érosion. Ainsi, les régions présentant des pluies de fortes intensités (orages violents) et une quantité importante de précipitations tombant sous forme de neige, seront plus sujettes à l’érosion hydrique. |
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| Le dégel du printemps!Le ruissellement sur les terres agricoles est à son maximum au printemps, alors que les sols sont souvent saturés, que la neige fond et que le couvert végétal est à son minimum. |
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| La topographie: | |||||||||||||
La morphologie du terrain joue sur l’érosivité de celui-ci. En effet, plus l’inclinaison d’un terrain est forte, plus la vitesse d’écoulement de l’eau augmente et plus la force érosive de l’eau est grande. La longueur de la pente est également un facteur important. Sur une courte pente, l’eau n’a pas le temps d’atteindre une vitesse d’écoulement suffisante pour entraîner les particules du sol. |
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| Le type de sol: | |||||||||||||
Les propriétés intrinsèques du sol influent aussi sur la sensibilité qu’aura celui-ci à l’érosion. Parmi ces propriétés, la texture du sol est la plus importante. Ainsi, l’eau s’infiltre plus facilement dans un sol constitué de particules grossières, comme le sable. À l’inverse, les sols de texture fine, composés de limons et d’argiles, absorbent moins l’eau, ce qui augmente la quantité d’eau qui ruisselle et donc le potentiel d’érosion du sol. Les sols qui ont une bonne capacité d’absorption, tels les sols composés de sable et graviers avec peu de limons, seront les moins érosifs. |
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| Le couvert végétal: | |||||||||||||
Le couvert végétal est la seule protection naturelle du sol contre l’érosion! Son rôle est essentiel! Il agit de plusieurs façons :
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6. Et l’homme dans tout ça? |
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Certaines activités humaines modifient les phénomènes d’érosion, souvent en accélérant de façon considérable leur rythme. On parle alors d’érosion accélérée. Contrairement à l’érosion naturelle qui a peu d’incidences, l’érosion accélérée est dommageable pour l’environnement et l’économie de notre bassin versant! Les principaux secteurs d’activité accélérant le rythme naturel de l’érosion sont ceux qui affectent le couvert végétal (mise à nu des sols) et augmentent le ruissellement (imperméabilisation des surfaces et drainage artificiel). Ainsi, les sites de construction, les fossés de drainage routier, l’agriculture et la foresterie peuvent causer une érosion accélérée des sols. On estime que l’érosion naturelle (hydrique, éolienne, etc.) est responsable de la perte d’environ 490 kg de sol par hectare, par an. La figure suivante affiche la perte de sol attribuée à différentes activités humaines : |
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Ainsi, l’érosion sur les sites de construction est 10 fois plus élevée que sur les terres agricoles et 2000 fois plus élevée qu’en milieu forestier (Vermont, 2006). Les sites en construction sont donc les plus sujets à l’érosion. Selon la saison et l’importance du chantier et de la superficie mise à nue, on observe de grandes disparités. Ainsi, les sites de construction résidentielle en hiver sont de moins grands foyers d’érosion comparativement aux sites de construction commerciaux en été. |
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7. La situation du bassin versant de la Diable |
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| La nature du territoire
Le climat, la topographie, le type de sol et le couvert végétal influent sur les processus d’érosion d’une région. Qu’en est-il pour le bassin versant de la rivière du Diable?
À la lumière des informations ci-dessus, on peut constater à quel point le territoire du bassin versant de la rivière du Diable est sensible à l’érosion des sols. Le « boom » de notre région!
En plus de la vulnérabilité naturelle de notre région à l’érosion, le territoire est soumis à un fort développement. La beauté de ses attraits naturels attire un grand nombre de visiteurs et plusieurs finissent même par s’y installer. De fait, elle connaît actuellement une forte croissance démographique. Sa population a plus que doublé depuis 1971 et les prévisions pour la MRC des Laurentides estiment sa croissance à 14% d’ici 2011 et à 32% d’ici 2026. Cette croissance démographique s’accompagne d’un boom immobilier. Ainsi, plus de 350 projets de construction sont prévus dans le bassin versant de la rivière du Diable de 2005 à 2015. La mise à nu des sols, pratique courante lors de la réalisation des projets immobiliers, décuple la vitesse du processus d’érosion (érosion accélérée). L'impact nocif de cette pratique sur le milieu aquatique peut être considérable. |
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8. Comment éviter et arrêter l’érosion |
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On distingue deux catégories de bonnes pratiques en matière d'érosion : les actions préventives et les actions correctrices.
Il est important de privilégier les mesures de prévention de l’érosion. D'abord, les coûts qui y sont associés sont moins élevés que pour les mesures de contrôle des sédiments. De plus, ces mesures s’avèrent très efficaces! Conserver la végétation en place en est le meilleur exemple! Voici donc quelques bonnes pratiques afin de prévenir l’érosion :
Pour les grands travaux ainsi que les sites ou le potentiel érosif est élevé, consultez un spécialiste pour des techniques avancées de prévention de l’érosion et de contrôle des sédiments. Les mesures de contrôle des sédiments sont très variées : installation de barrières à sédiments, protection des égouts pluviaux, création de bassin de rétention des sédiments, etc. |
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9. Pour aller plus loin… |
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Afin de s’adresser plus spécifiquement aux domaines d’activités causant une érosion accélérée des sols, vous trouverez ci-dessous de bonnes pratiques à adopter pour chacun des secteurs ciblés. Cliquez sur l’image correspondant à votre situation |
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10. Références |
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11. Lexique |
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Aval : Le coté vers lequel descend le courant d’un cours d’eau Bassin versant : Un bassin versant est l’ensemble du territoire qui alimente en eaux de surface et souterraine un même plan d’eau ou cours d’eau. Le bassin versant est un territoire naturel. Ses limites sont définies par la ligne de partage des eaux, qui relie les points les plus élevés du relief. Battance : Dégradation de la structure du sol en surface sous l'influence des précipitations. Le résultat est une usure des mottes et la formation d'une « croûte de battance » qui rend difficile l’infiltration de l’eau dans le sol. Un sol est d'autant plus sensible à la battance que sa teneur en limons est plus importante. Eutrophisation : L’eutrophisation est un phénomène naturel de vieillissement d’un plan d’eau. Un lac nait, vieillit et meurt en quelques milliers d’années. Ce vieillissement correspond à un enrichissement en matières organiques et en éléments nutritifs qui conduit à la prolifération des végétaux aquatiques. La décomposition de ces végétaux entraîne l’appauvrissement de l’oxygène des eaux profondes, etc. Ce long processus peut être fortement accéléré par des apports extérieurs de nutriments provenant de diverses activités humaines, on parle alors d’eutrophisation accélérée. Évapotranspiration : Phénomène qui transfert l’eau du sol vers l’atmosphère par l'évaporation du sol et la transpiration de la végétation. Litière : Ensemble des débris végétaux formant une couche à la surface du sol Morphologie : La morphologie d’un terrain traite des caractéristiques, de la configuration et de la forme du terrain. Salmonidés : Famille de poissons qui englobent les espèces de saumons, d’ombles et de truites. Végétalisé : Un site végétalisé est un site où des végétaux ont été semés ou plantés sur un sol nu, à des fins paysagères ou antiérosives (par exemple sur un talus d’autoroute). |
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