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Découvrir les débits
 

Située au cœur de la ville de Mont-Tremblant, la rivière du Diable est un des symboles de la région. Avec ses tributaires, la Diable draine un territoire de 1185 km2 , ce qui fait d’elle le principal tributaire de la rivière Rouge! Plusieurs usages sociaux, économiques et municipaux y sont associés : source d’eau potable, production de neige artificielle, irrigation de six terrains de golf, dilution des eaux usées de quatre stations d’épuration, première zone exclusivement réservée à la pêche à la mouche au Québec, et plus encore! C’est donc dire, la Diable est un élément central de la région!

station  

Afin d’assurer le maintien de la disponibilité de l’eau et satisfaire l’ensemble des besoins de la communauté en pleine croissance, en plus d’assurer une quantité d’eau suffisante pour la vie aquatique, il est essentiel de bien connaître les variations du débit de la rivière tout au long de l’année. Pour ce faire, l’organisme AGIR pour la Diable et la ville de Mont-Tremblant ont effectué, en 2008, une demande auprès du Centre d’expertise hydrique du Québec (CEHQ) afin de mettre en place une station qui permettrait d’assurer un suivi hydrométrique complet sur la Diable. C’est ainsi que depuis novembre 2009, une station hydrométrique installée en amont du pont de la 117 assure un suivi méticuleux des débits de la rivière!

L’obtention de telles données a plusieurs utilités :

  • Assurer une meilleure gestion des usages (pompage, arrosage, etc.) en période d'étiage (faible débit);
  • Assurer une meilleure gestion préventive de la sécurité publique lors des crues;
  • Optimiser la gestion des barrages;
  • Connaître les risques pour les amateurs de canot et de kayak en période de crue;
  • Évaluer l’impact des changements climatiques sur le régime hydrique de la rivière;
  • Évaluer les impacts du développement urbain sur la quantité d’eau de la Diable;
  • Assurer une quantité d’eau suffisante pour le maintien de la vie aquatique

Sur la rivière du Diable au site de prélèvement d’eau de la Station Mont-Tremblant, il est interdit de prélever de l’eau lorsque le débit est en deçà de 2.8 m3/s. Il s’agit du débit réservé écologique (DRE). Ce seuil indique la quantité minimum d’eau nécessaire au maintien de la vie aquatique. Sur le site de la station hydrométrique, le DRE est estimé à 6.15 m3/s puisque la superficie du territoire drainé par la rivière est supérieure à cet endroit.

 
graphique
 
COMMENT FONCTIONNE UNE STATION HYDROMÉTRIQUE?
 
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HYDROLOGIE DE LA RIVIÉRE DU DIABLE

Les variations, dans le temps, des débits d’un cours d’eau constituent ce qu’on appelle « son régime hydrologique ». La rivière du Diable, ainsi que ses tributaires, présentent un régime de type pluvionival caractérisé par l’évènement de deux cycles « crue - étiage » à chaque année. Les crues correspondent aux périodes de forts débits tandis que les étiages correspondent aux périodes de faibles débits. Le graphique 1 représente la distribution annuelle du débit moyen de la rivière du Diable au site de la station hydrométrique. Il offre un aperçu des variations annuelles du régime hydrologique de la rivière du Diable.

graphique3

Tel que l’indique le graphique 1, les débits maximums sont observés au moment de la crue printanière (avril-mai) et sont suivis par un étiage estival vers la fin de l’été (août-septembre). Les débits reviennent à la hausse au cours des mois d’octobre et de novembre, avec les pluies automnales et l’entrée en dormance de la végétation. Enfin, un étiage d’hiver résulte du stockage de l’eau sous forme de neige au cours des mois de janvier et février.

À l’instar de la plupart des cours d’eau du Bouclier canadien, le régime hydrologique de la rivière du Diable se caractérise par un temps de réponse rapide aux variations de précipitations. Cela entraîne des contrastes marqués entre les périodes de crue, où la rivière déborde de son lit, et les périodes d’étiage. Cette rapidité à répondre aux variations climatiques s’explique par plusieurs facteurs : les types de sols, les pentes prononcées qu’on retrouve à l’intérieur du bassin versant et la superficie relativement petite des unités de drainage.

On estime à partir du débit moyen annuel à la hauteur de Saint-Jovite (station Saint-Roch) que 57 % des précipitations reçues sur le territoire se retrouvent éventuellement dans la rivière du Diable (selon un délai plus ou moins long). Les autres 43 % retournent dans l’atmosphère par évaporation, en partie via la végétation.

Si le temps de renouvellement de l’eau dans un lac peut varier de quelques mois à plusieurs années, en général, le temps de renouvellement de l’eau d’une rivière est d’environ deux semaines (Environnement Canada, 2006). Cela explique qu’un cours d’eau est davantage utilisé pour le rejet des eaux usées municipales après traitement. Aucune donnée précise quant au temps de renouvellement de l’eau n’est toutefois disponible pour la rivière du Diable.

Par ailleurs, la faible artificialisation des rives et le nombre restreint de barrages d’importance à l’intérieur du bassin versant font en sorte que le régime d’écoulement de la rivière du Diable et de ses tributaires demeure naturel ou faiblement influencé (SNC-Lavalin, 2004). Deux barrages sont situés directement sur la rivière du Diable, soit à l’exutoire des lacs Monroe et Escalier, tous deux à l’intérieur du Parc du Mont-Tremblant; ces derniers n’influencent que faiblement l’écoulement de la rivière (CEHQ, 2003).

 
LA CONSOMMATION ACTUELLE ET FUTURE

La ville de Mont-Tremblant, dessert en eau potable sa population via deux aqueducs; un puise l’eau du lac Tremblant et l’autre de la rivière du Diable. Dans le bassin versant de la rivière du Diable, il s’agit des deux seuls réseaux d’aqueduc qui s’approvisionnent en eau de surface. À partir des données disponibles pour les années 2002 à 2012, on évalue qu’entre 5 341 m3 et 10 476 m3 d’eau peuvent avoir été prélevés de façon journalière au total pour les deux aqueducs de la municipalité de la ville de Mont-Tremblant.

Durant l’année, la période de plus forte consommation d’eau correspond à la période d’étiage (niveau d’eau le plus bas), soit entre les mois de juin et de septembre. Ce phénomène est davantage observé pour le secteur desservi par la station de filtration du lac Tremblant. Pour ce réseau d’aqueduc, la journée de plus forte consommation a été en août 2002 où la demande a atteint 7 670 m3. Toutefois, pour les années 2002 à 2012, les prélèvements moyens par jour pour chacun des aqueducs de la ville de Mont-Tremblant se situent autour de 4 000 m3.

Il est à noter que les prélèvements qui sont faits pour les deux aqueducs peuvent représenter au plus fort (en période d’étiage) 5 % du débit de la rivière (Choné, 2013).

Entre 2002 et 2012, il a été puisé annuellement à la station St-Roch entre 1 216 307 m3 (en 2002) d’eau et 1 518 626 m3 (en 2010) (Viau, 2013). Tel que l’indique le graphique suivant, la régression linéaire montre une consommation à la hausse pour cette station. Pour la station du lac Tremblant, il a été puisé entre 1 632 457 m3 (en 2004) et 1 336 961 m3 (en 2010) (Viau, 2013). La régression linéaire montre une diminution de la consommation d’eau dans ce secteur.

 
 
Le plus souvent raccordés aux aqueducs municipaux, les industries et commerces sont d’importants consommateurs d’eau potable à l’échelle du bassin versant. Les données disponibles pour la ville de Mont-Tremblant à cet égard indiquent, pour la période de 2010 à 2012, une consommation annuelle moyenne de 910 875 m3 associée au secteur commercial (Viau, 2013).

Pour l’année 2012, la consommation totale d’eau pour les commerces du secteur de la Station Mont-Tremblant a été de 501 889 m3 (54,4%), pour le secteur Centre-ville, de 301 364 m3 (32,7%) et pour le secteur Village, de 119 105 m3 (12,9%), ce qui totalise 922 358 m3 (100%). Considérant une consommation totale de 2 666 343 m3 pour l’ensemble des utilisateurs, la consommation par les commerces pour l’année 2012 a correspondu à 34,6 % du débit d’eau potable traité par les usines de filtration et consommé par la suite.
 
 
Selon une étude de SNC-Lavalin de 2004, il avait été estimé qu’entre 2003 et 2021, les besoins en eau potable pour la ville de Mont-Tremblant augmenteraient de 70 %. Toutefois, en raison du ralentissement économique observé à partir de 2008, cette estimation pourrait être revue légèrement à la baisse.
 
RÉFÉRENCES

CEHQ - Centre d’expertise hydrique du Québec (2003). Rivière du Diable: municipalité de Lac-Supérieur. Programme de détermination des cotes de crues. PDCC15-005.

CEHQ - Centre d’expertise hydrique du Québec (2003). Fiche signalétique de la station 040238. Site Internet : www.cehq.gouv.qc.ca/depot/historique_donnees/fichier/040238_Q.txt

CHONÉ. G. (2013). Communication personnelle. Géomorphologue fluvial, université Concordia.
Environnement Canada (2006). Eau douce. Site Internet : www.ec.gc.ca Labrosse, B. (2006). Communication personnelle. Directeur des travaux publics, ville de Mont-Tremblant.

LABROSSE, B. (2007). Communication personnelle. Directeur des travaux publics, ville de Mont-Tremblant.

SNC-LAVALIN Environnement (2004). Évaluation environnementale de la rivière du Diable. Rapport final préparé pour la Ville de Mont-Tremblant, 92 p.
Référence :

VIAU, B. (2013). Communication personnelle. Superviseur à l’assainissement, ville de Mont-Tremblant.

 

 

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